Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
16 juin 2014 1 16 /06 /juin /2014 17:07

Ils ne peuvent se résoudre aux ténèbres,

Narcisses amoureux de leur propre image

- Il faut dire que mers & océans leur sont d'infinis miroirs -

Comme s'ils craignaient que le Passé,

D'où ils viennent et qu'ils imaginent, embusqué

Dans l'ombre,

Ne les reprennent à jamais.

Alors, ils guettent les poètes,

Seuls capables de les accompagner,

Jusqu'au bout de la nuit.

Ces grands voiliers qui paradent la nuit...

Frégate ARA LIBERTAD.

Construit en 1953, ce navire-école de la marine argentine est un des plus grands voiliers du monde.

Il arbore une magnifique figure de proue, dont Jean-François DENIAU nous donne la définition, dans son Dictionnaire amoureux de la mer et de l'aventure (Ed. Plon)

 

« Représentation en bois sculpté d'une figure humaine, d'un personnage historique, d'un dieu, d'un animal fantastique, que l'usage plaçait à l'avant d'un navire, sous le beaupré, et qui souvent rappelait le nom du navire. Ce sont ces formes de sirènes qui entrainèrent pendant des siècles les bateaux à la découverte des continents et à l'abordage des adversaires. Elles furent supprimées, pourquoi? Mystères de l'Administration, par un décret de 1785. Comme déraisonnables. Erreur. Il n'y a pas de progrès sans une chimère en tête. »

Ces grands voiliers qui paradent la nuit...

Cependant, la sirène argentine, la tête encore éblouie,

Se dresse, provocante, toujours tendue vers l'avenir

Qu'elle espère sans fin,

Malgré l'obscurité fatale.

Sure d'elle, elle exhibe sa chevelure constellée.

Alors, elle peut confondre les étoiles

Qui, peu à peu se retirent.


Pierre LOTI raconte, dans Pêcheur d'Islande, comme sont malmenés les bâteaux et les hommes, dans les tempêtes :

" Elle fuyait devant le temps, la Marie, fuyait, toujours plus vite; et le temps fuyait aussi, devant je ne sais quoi de mystérieux et de terrible. (...)

Elle glissait comme à reculons, la montagne fuyante se dérobant sous elle pour continuer de courir, et alors elle était replongée dans un de ces grands creux qui couraient aussi; sans se meurtrir, elle en touchait le fond horrible, dans un éclaboussement d'eau qui ne la mouillait même pas, mais qui fuyait comme tout le reste, qui fuyait et s'évanouissait en avant comme de la fumée, comme rien...

Au fond de ces creux, il faisait plus noir, et après chaque lame passée, on regardait derrière soi arriver l'autre; l'autre encore plus grande, qui se dépêchait d'approcher, avec des contournements furieux, des volutes prêtes à se refermer, un air de dire : " Attends que je t'attrape, et que je t'engouffre "...

Mais non, elle vous soulevait seulement, comme d'un haussement d'épaule on enlèverait une plume, et, presque doucement, on la sentait passer sous soi, avec son écume bruissante, son fracas de cascade.

Et ainsi de suite, continuellement. Mais cela grossissait toujours. Ces lames se succédaient, plus énormes, en longues chaînes de montagnes dont les vallées commençaient à faire peur. Et toute cette folie de mouvements s'accélérait, sous un ciel de plus en plus sombre, au milieu d'un bruit plus immense."

Ces grands voiliers qui paradent la nuit...

Mais, revenons à Toulon, en ce mois de juillet 2007, où la TALL SHIPS' RICES, vint pour la première fois, faire escale dans un port français de la MEDITERRANEE. Et admirons l'un des voiliers les plus rapides dans sa catégorie : le STAD AMSTERDAM.

Ce clipper trois-mâts a été construit en 2000 par des chômeurs en réorientation et des lycéens qui avaient terminé leurs études secondaires, projet qui a dynamisé  la ville et dont les Hollandais sont fiers, à juste titre.

 

Ces grands voiliers qui paradent la nuit...

J'avais ce jour-là, pour tout appareil photographique, un modeste téléphone portable, bien loin des performances de ceux d'aujourd'hui. Craignant de ne pouvoir revenir le lendemain - ce qui s'est produit - j'avais pris quelques clichés, de qualité médiocres.

 

Voici plus loin, "L'AMERIGO VESPUCCI".

C'est un immense voilier-école de la marine militaire italienne, un des plus grand voiliers du monde. Construit en 1930, il est basé à GENES. Il sert à former des élèves-officiers. Mais ces dernières années, il conjugue également le rôle d'ambassadeur de la culture et de l'ingénierie italiennes.

Il est présent dans les grands rassemblements internationaux, comme la Tall Ships' Rices, en 2007, l'Armada de ROUEN, les Voiles de Légende, en 2013, à Toulon, que j'évoquerai bientôt.

Ces grands voiliers qui paradent la nuit...

Beaucoup plus petit, non moins élégant, le CALA MILLOR est un brick-goélette espagnol qui sert essentiellement à la croisière en Méditerranée. Construit en 1946, aux Iles Baléares, il a été utilisé pour le commerce et a plusieurs fois changé de propriétaire et de nom, avant d’être racheté par l’Espagne qui l’a entièrement restauré pour le consacrer à la croisière et lui a rendu son nom initial.

Ces voiliers prestigieux ont pu être visités par des centaines d’admirateurs durant toute l’escale. Le soir, une fois l’accueil des visiteurs terminé, les marins ont pu visiter la ville, avant le départ pour Gènes, le lendemain.

Ces grands voiliers qui paradent la nuit...

Le lendemain matin, de nombreux Toulonnais devaient investir les côtes afin de saluer les magnifiques voiliers, à défaut de les accompagner, privilège de ceux qui ont pu naviguer près d'eux.

Ces grands voiliers qui paradent la nuit...
Ces grands voiliers qui paradent la nuit...

Merci, chers lectrices et lecteurs, pour votre soutien.

A bientôt pour de nouvelles rêveries maritimes.

Morvane.

Repost 0
Published by morvane - dans Photographie Poésie
commenter cet article
14 décembre 2013 6 14 /12 /décembre /2013 02:03

Qu’ils se couvrent de feuilles tendres au printemps,

Qu’ils portent haut leur feuillage d’été avec, parfois, une pointe de condescendance pour l’humanité turbulente, qui se presse à l’ombre généreuse qu’ils dispensent,

Qu’ils s’ébrouent des mille feux d’artifice d’automne, éparpillant rubis, agate, citrine et autres joyaux, immenses et merveilleux chants du cygne avant l’hiver,

Qu’enfin, ils gémissent d’angoisse gagnés par cette mort passagère qui les étreindra de longs mois… les arbres nous rendent heureux et nous n’avons de cesse de les admirer.

Arbres enneigés dans le Piémont italien.

Arbres enneigés dans le Piémont italien.

Bras levés

Démesurés

Echevelés,

Vieil homme qui ne sait plus son nom

Tu te hisses sur la pointe des pieds

Toujours plus haut !

Faute de cheminer d’une forêt à l’autre, tu t’allonges à la verticale

Mais jusqu’où ?

Tête renversée

Epaules désarticulées

Bras ballants dont les innombrables doigts tracent

D’infinis sillons sur la terre qui te retient

Malgré toi

Tu espères en vain te brûler aux Cieux incandescents

Mais le gel

Te déshabille

Inexorablement

Et tu pleures tout

Aux larmes ruisselantes

Dont tu ne vois pas la fin

Tu meurs et tu te tais.

 

Et moi, paupières enneigées, je me sens gagnée par la nuit du sommeil.

Morvane

A Rome, platanes "pleureurs" au bord du Tibre.

A Rome, platanes "pleureurs" au bord du Tibre.

Qui croirait qu'il y eut ici une ville doublement fortifiée?

Qui croirait qu'il y eut ici une ville doublement fortifiée?

Auprès de mon arbre...

Construite au XIIIe siècle, la ville de La Mothe devint rapidement la 2e ville de Lorraine après Nancy. Située entre le royaume de France et l’Empire germanique, sa position stratégique lui valut des convoitises. Elle connut trois sièges. Richelieu, ministre de Louis XIII qui avait le souci de la défense de la France, rendue difficile par l'étendue de ses frontières maritimes et terrestres, décida de la conquérir. A sa mort, son successeur Mazarin prit la ville et pour en finir avec cette ville trop menaçante pour la sécurité de la France, il ordonna de la raser, ce qui fut fait en 1645. Elle ne fut jamais reconstruite et il reste peu de vestiges. La nature a fini par reprendre ses droits sur cet oppidum.

Dans le département des Vosges, quelques arbres ébouriffés bordent le Mouzon, à Vrécourt.

Dans le département des Vosges, quelques arbres ébouriffés bordent le Mouzon, à Vrécourt.

Impossible enfin de ne pas terminer par le souvenir de la célèbre chanson de Georges Brassens :

 

Auprès de mon arbre, je vivais heureux

J’aurais jamais dû m’éloigner d’mon arbre

Auprès de mon arbre, je vivais heureux

J’aurais jamais dû le quitter des yeux !

 

Merci de votre fidélité.

Cet article a été écrit à la demande de la communauté "Nature & Patrimoine" que je salue cordialement ici.

 

Repost 0
Published by morvane - dans Poésie
commenter cet article
5 juillet 2013 5 05 /07 /juillet /2013 15:14

Quand le peintre photographie ses tableaux, grande est la tentation de jouer avec les logiciels de traitement des images ! En même temps qu'il s’amuse des premiers résultats, il se sent gagné par une certaine angoisse. Et si les résultats obtenus, innombrables, éclipsaient le tableau ? Que valent quelques clics de souris face au travail de la peinture ? Aux hésitations devant les choix possibles ? Aux maladresses de la main ? Aux techniques habituellement dociles qui, on ne sait pourquoi, ne marchent pas ? Aux couleurs qui ne se supportent plus, précisément, pour ce sujet-là ?   

Par bonheur, les mots sont là pour harmoniser les énergies créatrices désordonnées et tirer des images un (ou plusieurs) chemin(s) vers des échappées poétiques & rêveuses.

z

Un matin, j’ai ouvert les yeux

Certaine de dormir encore

J’étais seule et personne ne m’attendait.

Somnambule ? – Peut-être…

Je me suis mise à aller et venir, comme d’habitude.

La porte était ouverte. Je suis sortie.

 

Longtemps j’ai marché, droit devant moi,

Sans m’arrêter, pendant que les heures s’écoulaient.

Enfin, je suis arrivée là-bas, sous les arbres.

 

  Vision-1-.JPG

 

 

Je me suis allongée dans l’herbe

Et j’ai regardé le ciel à travers les feuillages.

Peu à peu la lumière a décliné.

Je me suis réveillée.

 

Vision 3

 

Dans la nuit vertigineuse

Je me glissais aussitôt

Allant d’un rêve à l’autre sans jamais les atteindre.

 

Je m’enfonçais de plus en plus dans le vide sidéral,

Comme engloutie par un invisible aimant.

 

Combien de temps dura le voyage ?

Une éternité sans doute !

 


Puis vint le moment de me tourner vers la lumière

Qui auréolait faiblement mon corps

Et dont je sentais la chaleur me gagner lentement.

 

 Vision-4-.JPG

 

 

D’étranges créatures

Que je nommais oiseaux

Prenaient d’assaut la montagne. 

 

Soleil vert

 

Terre géométrique ensanglantée.

 

Vision-5-.JPG

 

L’espace m’apparut alors très encombré et vide à la fois

De sensations palpables.

 

D’innombrables  étincelles de couleurs et de formes jaillissaient ici et là

Pour filer à toute vitesse et disparaître aussitôt. 

 

J’avais le sentiment de ne pas y avoir ma place

Et pourtant, il me séduisait encore.

 

Vision 2

 

Puis la nuit s’embrasa

Si belle

Si terriblement menaçante.

 

A la fin

Les couleurs ont fini par perdre leur éclat

 

L’incendie s’éteignit……

  

Tout venait de rentrer dans l’ordre.

Je retrouvais le ciel obscur éclairé faiblement de dentelles argentées.

L’espace était devenu opale, améthyste, aigue-marine ! Pas seulement le ciel.

Même la terre bleuissait doucement…

Je compris que le jour allait se lever.

Alors, je m’endormis.

 

Vision-6-.JPG

 

Merci d’avoir partagé avec moi cette promenade onirique.

 

(Je rappelle que mes textes et images sont protégés par copyright au titre de la propriété intellectuelle.)

Repost 0
Published by morvane - dans Poésie
commenter cet article
13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 23:43

Quand le poète Paul Eluard écrivait « La poésie doit être faite par tous », cette belle phrase risquait de n’être qu’un vœu pieux  ou du moins une parole généreuse de poète. En effet, les instituteurs qui, à l’instar de Célestin Freynet, le célèbre pédagogue provençal, ont lancé leurs élèves dans l’aventure du « texte libre », n’ont souvent recueilli que pages blanches au pire, pauvrement griffonnées ou désespérément banales, rarement originales. Il ne suffit pas hélas ! de dire aux enfants : « Racontez ce que vous voulez » pour que les imaginations débordent et transforment les classes en pépinières de poètes et écrivains en herbe. Sans préparation, sans travail, pas de poésie ! Les enfants restent enfermés dans leur quotidien.

           « En voulant chasser une guêpe, ma sœur s’est fait piquer. Elle a eu très mal. »

       « Mon père était en retard. Il a reculé mais il n’a pas vu la poubelle dans le rétroviseur et il l’a renversée. » Etc.

Car pour écrire quelque chose qui fasse plaisir, aussi bien à celui qui va le lire qu'à celui qui l’a écrit, quelque chose qui apporte à son auteur une « valeur ajoutée », il faut de nécessaires apprentissages en amont.

Savoir déjà écrire, donc lire, au moins maîtriser quelques bases de la syntaxe. Car le jeu avec les mots, leurs associations fortuites ou réfléchies, sont génératrices d’images, de personnages, de récits.

           Par exemple, si un récit commençait ainsi :

"Un jour, un homme pressé monta dans un taxi…" il serait réaliste. Pas poétique.

           Par contre :

"Un jour, un zèbre pressé monta dans un taxi… un roi de pique pressé monta dans un taxi… un Marsien… la fée Clochette…" il serait fantaisiste, imaginatif, irréel, de nature poétique.

 

Que fait le poète Jacques Prévert, photographié ici par Robert Doisneau, dans «Cortège », extrait du recueil « Paroles », publié en 1946?

 prevert-doisneau


Il sélectionne deux groupes nominaux :

     « Une montre en or et un vieillard en deuil ».

Il échange les compléments de détermination, pour obtenir : 

     « Un vieillard en or avec une montre en deuil ».


L’effet produit ici est humoristique. La nouvelle association fait sourire, rêver, donne envie d’aller plus loin, de construire une ou plusieurs suites. Le processus de création est enclenché. Pour des enfants, l’exercice devient vraiment jubilatoire, quand le maître met  à leur disposition, des ciseaux et des journaux dans lesquels ils pourront découper eux-mêmes, les mots choisis et créer de nouvelles associations.


Il faut aussi avoir alimenté ses rêves de culture. Même les plus grands artistes ont commencé par imiter leurs prédécesseurs. Pour imaginer, il faut déjà avoir accumulé un capital culturel de mots, d’images, de sensations, de concepts et d’idées, à partir duquel, l’on pourra par de multiples combinaisons « inventer », « créer », « donner du sens » et, en même temps, « s’exprimer ».

Vous avez tous un jour ou l’autre contemplé les montres molles de Salvador Dali, dans le tableau peint en 1931, nommé « la persistance de la mémoire ».


persistance_memoire.jpg

Dans ce tableau, la plupart des éléments sont réalistes. Les falaises, la mer, la terre, le ciel, l’arbre mort, les estrades sont des éléments donnés à voir, sans transformation. D’autres procèdent aussi du monde réel : les montres, le tissu comme abandonné, le phénomène de coulure.

Mais le point de non retour où le tableau bascule dans l’imaginaire, le poétique, c’est l’association incohérente et invraisemblable dans la réalité, de deux concepts, à savoir le concept de montre et celui de mollesse. La mollesse qui est un attribut de la boue, de la chair, de ce qui coule, n’est en aucun cas un attribut de la montre, ni du verre, ni du mécanisme qu’elle contient. De même le tissu par terre ne peut avoir de paupières ni de longs cils, parce qu’ils ne sont pas ses attributs. Ainsi, on peut reproduire le jeu de Dali à l’infini, avec un peu de recherche : une pieuvre musicale, un jardinier flottant, une enclume moelleuse, etc. Il ne restera plus qu'à le peindre , si l'on est peintre ! Ou à en écrire la suite si l'on est poète ! 

Il y a donc dans la peinture « surréaliste », plus que des tableaux qui s’adressent à nos sens, sont le produit d’un travail manuel, de choix techniques (formes, couleurs, composition, etc.), et portent l’expression d’une personnalité. Il y a aussi un travail intellectuel, pas si difficile qu’il n’y parait – maîtriser le geste c’est autre chose ! – de choix et de confrontation de concepts.

Seul, le résultat final permet au spectateur/lecteur de passer du réel au rêve, au fantastique, au merveilleux, et d'entrer dans un autre dimension.

Entre parenthèses, la nature de l'imagination se trouve ainsi révélée : elle ne provient pas du néant, mais de combinaisons infinies des savoirs déjà acquis.

 

Magritte--La-chambre-d-ecoute.jpg René Magritte : « la chambre d’écoute ».

Ici, l’incongruité vient de la disproportion entre deux objets peints de façon très réaliste – d’où notre désarroi. Cette pomme nous interdit l’entrée, à moins qu’il ne faille, tel un fantôme, traverser le mur que constitue la peau du fruit gigantesque, pour accéder au rêve absolu. Certains cinéastes comme René Clair, dans « Fantôme à vendre » ont utilisé ce procédé pour créer du fantastique en faisant passer leur personnage à travers un mur.

La chambre d’écoute. Il ne s’agit pas d’une chambre et il n’y a rien à écouter. Pourtant le tableau nous interroge. S’agit-il bien d’une pomme ? Impossible, à cause de la taille. Magritte qui ne cherchait à représenter ni le réel, ni le visible, nous invite à aller au-delà des apparences, pour explorer les mondes invisibles que notre imagination est seule capable de créer.

D’où cet autre tableau, déconcertant, où le peintre belge manie humour et absurdité :

Magritte-La-trahison-de-image.jpg

Alors, tous capables d’être poètes ? – Oui, un peu, à des degrés divers.

Et les « grands » poètes, ceux qui perdurent à travers les siècles, impossibles à énumérer ici, les Aragon, Eluard, Apollinaire, et les autres plus proches de nous, qu’ont-ils de plus ? – Le génie,  sans doute ! Cette faculté à donner du sens, des significations subtiles, calculées, riches. Cette faculté à embellir toute chose y compris la laideur, rendre beau ce qui ne l’est pas, intéressant ce qui est banal, émouvant ce qui est insignifiant.

Eh ! Bien, à vos stylos ! A vos ordinateurs !

Repost 0
Published by morvane - dans Poésie
commenter cet article
16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 21:32

 

Elle se fait un écran de ses cheveux

 

Le-portrait-dissimule-1.JPG


Pour ne pas que l'on sache

            D'où viennent les peurs orageuses

                     Qu'elle contient à peine et lui sont si douloureuses.

 

Le-portrait-dissimule-2.JPG

Elle aimerait les abandonner

           Comme on secoue le sable collé aux jambes

                       En rentrant de la plage.

 

Le-portrait-dissimule-3.JPG

Autour d'elle la vie paraît si tranquille !

            C'est ce qu'elle imagine solitaire

                                Tout à son aveuglement.

 

Le-portrait-dissimule-4.JPG

De quoi se protège-t-elle donc ?

                Sinon du silence qui lui serre la gorge

                               Et lui interdit l'insouciance ?

 

Texte & tableau sont signés par Morvane et protégés par copyright.

Repost 0
Published by morvane - dans Poésie
commenter cet article
25 janvier 2013 5 25 /01 /janvier /2013 21:45

 

Il dit à l'arbre d'accueillir l'oiseau.


Mais l'arbre refuse car il rêve d'onduler comme l'algue.

 

L-arbre-revait-d-etre-une-algue.jpg

 

Il dit à l’arbre d’arrêter le vent.


Mais l’arbre le supplie de n’en rien faire


Car il aime sa chevelure ébouriffée qui effleure le sol mouillé


D’automne.

 

Saule-ebouriffe.jpg

 

 

Il dit à l’arbre de se faire un rempart d’écorce


Pour se protéger du gel dévastateur.


Mais le vieux saule préfère le labour de la bise dans ses flancs,


A l’écharpe rugueuse.

 

 

Le-vieux-saule.jpg

 

Il dit à l'arbre de s'affranchir de la falaise


Qui l'enchaîne et le prive du soleil.

 

Oasis.jpg

 

Mais le palmier par-dessus tout craint le désert.


Et tandis que le sable alentour étouffe la nature, lui


Frissonne au contact de la source fraiche.

 

Miroir-aquatique.jpg

 

 

Il dit à l’arbre

 

Il dit à l’arbre

 

Il dit à l’arbre…

 

Palmier-solitaire.jpg

J’ai peur !

 

De ne plus entendre l’oiseau s’ébattre dans les petites flaques

 

J’ai peur !

 

D’être le dernier arbre vivant

 

Quand le monde minéral aura Tout absorbé !

 

 

Morvane. (copyright)

 

  Les trois premiers arbres ont été photographiés au lac de Thorenc, dans les Alpes Maritimes.

  Les suivants, dans une oasis de la région de Tozeur, en Tunisie, en décembre 2009.

Repost 0
Published by morvane - dans Poésie
commenter cet article

Présentation

  • : Le Blog de Morvane
  • Le Blog de Morvane
  • : Une vraie dilettante ! Tout m'intéresse : les Lettres, les Arts, l'Histoire, les Sciences & les Techniques, les Sociétés & leurs Cultures, la Philosophie...Dilettante, oui, mais pas superficielle ! Car, sitôt qu'un sujet attire mon attention, j'ai envie de l'explorer et d'en savoir le plus. D'où mes recherches. Mais garder ses découvertes pour soi, est vain et égoïste. Aussi, j'aime les partager à travers ce blog. Enfin, j'ai la passion d'écrire. Je suis amoureuse de la langue française et elle me le rend bien par ses innombrables écrivains et poètes.
  • Contact

Rechercher

Liens