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9 janvier 2017 1 09 /01 /janvier /2017 00:32
La petite place de l'église et la tour carrée

La petite place de l'église et la tour carrée

Dominant la vallée du RHONE, voisin de Villeneuve-Lès-Avignon, admirant sous le soleil d’automne le confluent de trois cours d’eau : le géant Rhône et ses deux affluents la Durance et le Gard, serré dans ses ruelles comme pour se garer du Mistral, voici le joli village des ANGLES, d’où j’ai souhaité, cette année, vous envoyer des vœux de bonne et heureuse année.

L’occupation du site sur lequel se trouve le village médiéval est des plus anciennes puisqu’elle date du néolithique, connut la présence romaine, puis gallo-romaine. C’est au XVe siècle que la population s’y est installée définitivement.

Plus près de nous, de nombreux peintres, la plupart provençaux, charmés par la beauté des lieux y ont séjourné et ont laissé de nombreuses œuvres. Le plus célèbre, de renommée internationale, André DERAIN, y a peint plusieurs tableaux lors de ses passages en Provence. L’amateur d’art peut suivre « le parcours des peintres » en déambulant dans les ruelles étroites, d’où on découvre par les traverses comme des balcons sur la vallée.

L'église gothique date du XVe siècle.
L'église gothique date du XVe siècle.

L'église gothique date du XVe siècle.

Quelques maisons de charme.
Quelques maisons de charme.

Quelques maisons de charme.

Harmonie douce.

Harmonie douce.

Là, une traverse débouche sur un escalier abrupt. Mieux vaut se tenir à une solide rampe, surtout quand le Mistral s'époumone ! On s'arrête pour apercevoir un petit coin du paysage.
Là, une traverse débouche sur un escalier abrupt. Mieux vaut se tenir à une solide rampe, surtout quand le Mistral s'époumone ! On s'arrête pour apercevoir un petit coin du paysage.

Là, une traverse débouche sur un escalier abrupt. Mieux vaut se tenir à une solide rampe, surtout quand le Mistral s'époumone ! On s'arrête pour apercevoir un petit coin du paysage.

La fontaine acrochée à la maison ressemble plus à une pierre à eau, mais quelle beauté rustique !

La fontaine acrochée à la maison ressemble plus à une pierre à eau, mais quelle beauté rustique !

Partout des escaliers prometteurs de découvertes. Ici, l'appareillage des pierres et galets donne au mur un air de chef d'oeuvre.
Partout des escaliers prometteurs de découvertes. Ici, l'appareillage des pierres et galets donne au mur un air de chef d'oeuvre.

Partout des escaliers prometteurs de découvertes. Ici, l'appareillage des pierres et galets donne au mur un air de chef d'oeuvre.

Il n'y a pas que de vieilles pierres ici ! Un original exemple de Yarl Bombing.

Il n'y a pas que de vieilles pierres ici ! Un original exemple de Yarl Bombing.

Du plateau, le village perché s'offre au regard. La montagne bleue que l'on aperçoit au fond est le Lubéron.

Du plateau, le village perché s'offre au regard. La montagne bleue que l'on aperçoit au fond est le Lubéron.

Le paysage est grandiose. On comprend mieux la passion des peintres à cause des couleurs, des volumes, des perspectives. Au loin, on peut voir le pont du TGV qui traverse le Rhône, les Alpilles et deviner là-bas, la Camargue.

Le paysage est grandiose. On comprend mieux la passion des peintres à cause des couleurs, des volumes, des perspectives. Au loin, on peut voir le pont du TGV qui traverse le Rhône, les Alpilles et deviner là-bas, la Camargue.

Meilleurs vœux d’un village médiéval du Gard : LES ANGLES.
Et comme les fins sont toujours tristes, emportons au moins l'image de cette magnifique vigne vierge !

Et comme les fins sont toujours tristes, emportons au moins l'image de cette magnifique vigne vierge !

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17 novembre 2016 4 17 /11 /novembre /2016 16:42
Automne en Lorraine le cœur serré : Cent ans après la « DER des DER ».

Plus j’avance dans mes contacts avec les souvenirs, mes lectures et recherches, mes découvertes  inespérées de traces de cette Grande Guerre, abandonnées dans de vieux albums de famille…

Plus je foule les sentiers des régions martyrisées, où subsistent encore des constructions méconnaissables, abris effondrés de canons, aujourd’hui en pleine forêt, des forts de Lorraine aux « creutes » de Picardie…

Plus j’interroge les monuments aux morts du Mémorial de Notre-Dame-de-Lorette jusqu’aux entonnoirs des Eparges…

Plus je côtoie de personnes comme moi, Français, Belges, Anglais, Allemands et d’autres, silencieuses et troublées devant l’inconcevable, à la recherche d’un ancêtre, parfois totalement inconnu ou même … disparu, pulvérisé, rayé de l’humanité, comme s’ils n’étaient jamais nés d’une mère et d’un père, et dont le nom n’est écrit nulle part - Ils dorment encore, entremêlés les uns aux autres avec parfois leurs chevaux également disloqués, leurs gamelles, ouvre-boîte, couteaux, rasoirs tordus,  chapelets, encriers, pipes, dominos, harmonicas, etc. enfouis sous des mètres de terre, certains debout et tout habillés, d’autres nus, agrippés à leur fusil, comme à la Tranchée des baïonnettes…

Plus j’ai mal au genre humain.

Automne en Lorraine le cœur serré : Cent ans après la « DER des DER ».

 

Néanmoins, si l’on a encore quelque espoir en l’avenir, il ne faut pas oublier ces millions de morts que l’on aurait pu éviter, si les décideurs de l’époque avaient eu plus de clairvoyance, plus de souci des peuples, au lieu de faire passer d’abord leurs intérêts égoïstes – je pense à leur carrière pour des politiques, à leur gloire pour des militaires, à l’outrecuidance des Etats à puiser dans la main d’œuvre de leurs colonies pour ensuite leur refuser des droits pourtant chèrement payés. 

Automne en Lorraine le cœur serré : Cent ans après la « DER des DER ».

Que nous reste-t-il sinon un devoir de mémoire ?  Mais, se souvenir ne veut pas dire ruminer le passé tragique, ni culpabiliser les générations suivantes qui, elles, ne peuvent en aucune manière être tenues pour responsables. La réconciliation et le pardon sont indispensables. Français & Allemands l’ont bien compris. Car certains, depuis pas mal d’années du reste, tentent  (et réussissent parfois) à faire peser sur les jeunes générations les fautes des générations précédentes. Ainsi, ceux qui naissent aujourd'hui, seraient responsables du colonialisme, de l’antisémitisme, du nazisme, du stalinisme, etc. comme s’il s’agissait d’une sorte de « péché originel ». 

Gardons leur le droit à l’innocence. Tâchons surtout de bien les instruire !  Leur apprendre à connaître le passé, à exercer leur esprit critique, à se tenir sur leurs gardes et garder toujours en tête les valeurs philosophiques et morales auxquelles ils ont adhéré, pour être capable de reconnaître les signes avant-coureurs de tragédie, quels qu’ils soient et d’où qu’ils viennent. Voilà, me semble-t-il, la nécessaire discipline afin d’œuvrer pour la paix.  Je ne dis là rien de nouveau, puisque après la IIème Guerre mondiale, la France et l'Allemagne ont réussi enfin à se réconcilier.  

Cette année, j’ai arpenté une partie des sites, musées et monuments de la Grande Guerre, depuis Ypres, en Belgique, jusqu’à Meaux. Je n’ai pas trouvé malheureusement de trace de mon grand-oncle « Mort pour la France » et disparu. Mais je ne renonce pas. J’ai fait quelques milliers de photos que je n’ai pas encore pu traiter. Aussi, pour apporter ma modeste pierre au souvenir, je vous propose de retourner en Lorraine, découvrir les entonnoirs de Leintrey et l’abri voisin du Kronprinz.

Voir les entonnoirs, c’est constater l’effet de l’explosion de mines. Grace à un schéma que j’ai photographié aux Eparges, auprès du Mémorial qui rend hommage aux soldats du Génie, on pourra se représenter le comment. 

Les entonnoirs ainsi nommés à cause de leur forme, sont des cratères dont le diamètre varie selon la charge d'explosifs, je présume, de 50 à 60 mètres et la profondeur de 15 à 20 mètres.

Cette forme d'opération a résulté de la guerre de tranchées où les armées face à face, mais à l'abri, finissaient par se neutraliser. Pour réussir à forcer les positions ennemies, la guerre est devenue souterraine. 

Le 10 juillet 1916, l'artillerie allemande avait pilonné les positions françaises toute la journée. A 22h30, d'intenses bombardements secouent la région, précédant une gigantesque explosion. Le bruit, la nuit, la poussière empêchent les communications de passer. Nos soldats encore en vie ne comprennent pas ce qu'il leur arrive. Il faudra attendre le jour pour voir le désastre. La tranchée de première ligne a disparu. Les pertes sont énormes. 

Schéma extrait de "La guerre de 1914-1918". Editions Fleurus. Réalisation RICHardCOMmunication Verdun.

Schéma extrait de "La guerre de 1914-1918". Editions Fleurus. Réalisation RICHardCOMmunication Verdun.

Le schéma représente la réalité des combats :

  • Au sol, un paysage ravagé : plus d'arbres, plus d'herbe et des corps abandonnés faute de pouvoir aller les chercher, opération trop périlleuse, par conséquent impossible sous le feu des mitrailleuses.
  • Au sous-sol, les positions allemandes, avec la tranchée de première ligne d'où les soldats s'élanceront à l'attaque quand l'ordre leur sera donné. Derrière, la deuxième ligne prête à intervenir, elle aussi, le moment venu. Enfin une salle de repos, de réunion pour les officiers qui reçoivent les informations et les ordres.
  • Plus bas, les soldats français creusent une sape. C'était un travail pénible, très dangereux à cause des effondrements possibles et délicat car il faut s'orienter au bruit des ennemis, souvent à l'intuition et surtout sans bruit pour ne pas être découvert.
Ici, malgré les souffrances, les soldats n'ont pas perdu le sens de l'humanité.

Ici, malgré les souffrances, les soldats n'ont pas perdu le sens de l'humanité.

La taille des entonnoirs, l'absence de végétation et les pluies des saisons hivernales ont constitué de véritables pièges. Malheur au soldat qui y tomberait ! La paroi glissante de boue empêchait de remonter. Au fond, l'eau mêlée à la terre argileuse vous aspirait littéralement.

J'ai rapporté dans un de mes premiers articles, le douloureux récit d'un soldat qui  voyant un camarade complètement enlisé, voulut l'aider à s'en sortir en le tirant avec son fusil. Malheureusement, après de vains efforts, il dut se résoudre à l'abandonner, sentant qu'il allait lui-même y laisser la vie.

Aujourd'hui, la nature a repris ses droits. Les arbres sont centenaires, l'herbe a poussé et cache à nos yeux les boyaux et tranchées de la guerre.

L'été indien ne résorbe pas toujours l'eau de pluie. Il est bien difficile de rendre compte de la profondeur des entonnoirs.
L'été indien ne résorbe pas toujours l'eau de pluie. Il est bien difficile de rendre compte de la profondeur des entonnoirs.
L'été indien ne résorbe pas toujours l'eau de pluie. Il est bien difficile de rendre compte de la profondeur des entonnoirs.

L'été indien ne résorbe pas toujours l'eau de pluie. Il est bien difficile de rendre compte de la profondeur des entonnoirs.

Voilà donc ce qui reste des malheureux hommes qui furent enfouis ici. Tous voulaient vivre. Tous aimaient leur patrie. Nous leur sommes pour toujours redevable de leur sacrifice qui nous rendit l'intégralité de notre pays. 

"Le 10 juillet 1916, une compagnie du 162 ème régiment d'infanterie a disparu dans l'explosion des mines qui ont ouvert ces entonnoirs"
"Le 10 juillet 1916, une compagnie du 162 ème régiment d'infanterie a disparu dans l'explosion des mines qui ont ouvert ces entonnoirs"

"Le 10 juillet 1916, une compagnie du 162 ème régiment d'infanterie a disparu dans l'explosion des mines qui ont ouvert ces entonnoirs"

Pour finir, je voudrais citer l'écrivain Georges Duhamel qui fut brancardier pendant la guerre et à ce titre côtoya quotidiennement la souffrance et la mort. Il écrivit pendant l'hiver de 1917 à 1918, dans son livre "La Possession du Monde", une réflexion qui allait bien au-delà du vécu proprement dit de la guerre.

Quelle que puisse être l'issue définitive de la guerre, elle marque et marquera une période de profond désespoir pour l'humanité. Si grand que soit l'orgueil de la victoire, si généreuse que se montre celle-ci, sous quelque jour qu'on nous en présente les conséquences lointaines, nous n'en vivons pas moins dans une époque flétrie, sur une terre dévastée pour longtemps, au sein d'une société décimée, ruinée, accablée de blessures.
Entre tous nos sujets de déception, s'il en est un qui nous demeure pénible, c'est l'espèce de faillite dont voici convaincue notre civilisation.

Georges Duhamel : La Possession du Monde (chap.X)

Merci de votre fidèle attention. Je vous donne rendez-vous dans quelques jours pour vous montrer ce qui reste de l'abri du Kronprinz.

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1 novembre 2016 2 01 /11 /novembre /2016 22:49

En France, dans le département du Gard, exactement sur la commune de Saint-Jean-de-Maruéjols-et-Avéjan, l’extraction de l’asphalte naturel, a été une importante activité économique de 1859 à 2008. Roche calcaire imprégnée de bitume, elle donne une fois chauffée, un mastic utile pour l’étanchéité des bâtiments et des routes. On peut encore voir aujourd’hui deux puits se dresser : le puits Berry et le puits Goldney.

Cependant mon propos n’est pas de vous entretenir sur cette activité dont j’ignore à peu près tout. Chacun peut s’instruire en consultant le site du Patrimoine minier français. Je m’en tiendrai donc à un de mes centres d’intérêt de prédilection : l’ART et l’EXPRESSION de la BEAUTE.

 

Quelques bâtiments laissés à l’abandon, ont peu à peu été fréquentés par des personnes en mal d’expression avec plus ou moins de réussite, allant de simples tags généralement incompréhensibles, à de véritables tableaux. Néanmoins, l’Art urbain auquel s’apparentent ces créations est par définition un art éphémère dont les œuvres sont toujours susceptibles d’être recouvertes par l’inspiration des artistes suivants. J’ai pu le constater en consultant des photographies  antérieures aux miennes, publiées sur des sites dont je donnerai les noms à la fin de cet article.

 

 

Tout apprenti peintre peut s’exprimer dans ces lieux abandonnés qui, de ce fait, offrent des espaces grands et gratuits. On peut observer que tous n’ont pas le même talent, ni la même intention. Il se peut que certains éprouvent seulement l’envie de marquer leur passage, par contre d’autres font preuve d’acquisitions techniques : vraie maîtrise du dessin, des proportions, de la composition, accompagnées de beaucoup d’imagination et d’une vraie démarche esthétique.

Voyez vous-mêmes à travers quelques photos que j'ai faites, lors de ma promenade dans cette région.

« Street art » à la campagne : L'ancienne usine d’asphalte d’Avéjan, un nouveau lieu d’Art urbain.
« Street art » à la campagne : L'ancienne usine d’asphalte d’Avéjan, un nouveau lieu d’Art urbain.

 

La peinture suivante montre bien la démarche artistique, à mon avis. Il ne s'agit pas seulement de représenter l'objet imaginé, ici une "vraie" girafe, mais de se confronter avec la réalité crue, le mur, la porte, la présence du plafond qui oblige ou permet le noeud du cou, pour en tirer un nouvel objet chargé de fantaisie et d'humour qui existe bel et bien pour le plaisir de celui ou celle qui regarde !

 

 

Ici... "On est Charlie" et "on est le plus fort" semble dire l'auteur, qui pour une fois, abandonne son langage ésotérique peut-être connu de lui seul ! Pas sûr !

Serait-ce un autoportrait ?

 

Ici, la salle est mise en scène dans une composition digne de certains artistes modernes : un bidon peint, qui représente une sculpture (tête d'homme) a été placé au centre de la pièce. L'homme prénommé peut-être "Artur" semble se désintéresser du monde qui l'entoure. Il a de quoi se sentir mal à l'aise ! Il n'a pas l'air sensible à la beauté de la jolie jeune femme, à droite.  Les bombes de peinture abandonnées ça et là constituent, volontairement ou pas, un ensemble relativement harmonieux. On pourrait penser à une allégorie de la place de l'homme dans l'univers, telle que les Anciens se la représentaient. En tous cas, j'ai personnellement vu ce genre d'oeuvre dans plusieurs musées d'art moderne européens.

Univers inquiétant où l'homme, un peu plus réaliste dans la représentation, est totalement déstructuré.

Là, le personnage est vu de face à travers une ouverture plutôt qu'une porte.

L'ambiance devient menaçante... plutôt sortir !

Ambiance toute différente. Le ciel bleu, les palmiers, une aile d'oiseau... une gaité lumineuse.

Maintenant, pour dire au revoir ! je vous propose de revoir le détail d'un des premiers tableaux où vous reconnaissez sans doute un célèbre dessin animé pour les enfants des années 1980.

Merci de votre attention. Mon prochain article sera consacré à un aspect de la Grande Guerre.

Pour celles et ceux qui veulent en savoir plus sur l'asphalte, vous pouvez consulter :

les sites des communes concernées, dont

http://www.par-monts-et-par-vaux.eu/mines_asphalte_1html

et surtout, si vous voulez approfondir le sujet, consultez le site consacré à l'ensemble des mines en France, leurs caractéristiques et leur histoire :

http://www.patrimoine-minier.fr

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16 juin 2014 1 16 /06 /juin /2014 17:07

Ils ne peuvent se résoudre aux ténèbres,

Narcisses amoureux de leur propre image

- Il faut dire que mers & océans leur sont d'infinis miroirs -

Comme s'ils craignaient que le Passé,

D'où ils viennent et qu'ils imaginent, embusqué

Dans l'ombre,

Ne les reprennent à jamais.

Alors, ils guettent les poètes,

Seuls capables de les accompagner,

Jusqu'au bout de la nuit.

Ces grands voiliers qui paradent la nuit...

Frégate ARA LIBERTAD.

Construit en 1953, ce navire-école de la marine argentine est un des plus grands voiliers du monde.

Il arbore une magnifique figure de proue, dont Jean-François DENIAU nous donne la définition, dans son Dictionnaire amoureux de la mer et de l'aventure (Ed. Plon)

 

« Représentation en bois sculpté d'une figure humaine, d'un personnage historique, d'un dieu, d'un animal fantastique, que l'usage plaçait à l'avant d'un navire, sous le beaupré, et qui souvent rappelait le nom du navire. Ce sont ces formes de sirènes qui entrainèrent pendant des siècles les bateaux à la découverte des continents et à l'abordage des adversaires. Elles furent supprimées, pourquoi? Mystères de l'Administration, par un décret de 1785. Comme déraisonnables. Erreur. Il n'y a pas de progrès sans une chimère en tête. »

Ces grands voiliers qui paradent la nuit...

Cependant, la sirène argentine, la tête encore éblouie,

Se dresse, provocante, toujours tendue vers l'avenir

Qu'elle espère sans fin,

Malgré l'obscurité fatale.

Sure d'elle, elle exhibe sa chevelure constellée.

Alors, elle peut confondre les étoiles

Qui, peu à peu se retirent.


Pierre LOTI raconte, dans Pêcheur d'Islande, comme sont malmenés les bâteaux et les hommes, dans les tempêtes :

" Elle fuyait devant le temps, la Marie, fuyait, toujours plus vite; et le temps fuyait aussi, devant je ne sais quoi de mystérieux et de terrible. (...)

Elle glissait comme à reculons, la montagne fuyante se dérobant sous elle pour continuer de courir, et alors elle était replongée dans un de ces grands creux qui couraient aussi; sans se meurtrir, elle en touchait le fond horrible, dans un éclaboussement d'eau qui ne la mouillait même pas, mais qui fuyait comme tout le reste, qui fuyait et s'évanouissait en avant comme de la fumée, comme rien...

Au fond de ces creux, il faisait plus noir, et après chaque lame passée, on regardait derrière soi arriver l'autre; l'autre encore plus grande, qui se dépêchait d'approcher, avec des contournements furieux, des volutes prêtes à se refermer, un air de dire : " Attends que je t'attrape, et que je t'engouffre "...

Mais non, elle vous soulevait seulement, comme d'un haussement d'épaule on enlèverait une plume, et, presque doucement, on la sentait passer sous soi, avec son écume bruissante, son fracas de cascade.

Et ainsi de suite, continuellement. Mais cela grossissait toujours. Ces lames se succédaient, plus énormes, en longues chaînes de montagnes dont les vallées commençaient à faire peur. Et toute cette folie de mouvements s'accélérait, sous un ciel de plus en plus sombre, au milieu d'un bruit plus immense."

Ces grands voiliers qui paradent la nuit...

Mais, revenons à Toulon, en ce mois de juillet 2007, où la TALL SHIPS' RICES, vint pour la première fois, faire escale dans un port français de la MEDITERRANEE. Et admirons l'un des voiliers les plus rapides dans sa catégorie : le STAD AMSTERDAM.

Ce clipper trois-mâts a été construit en 2000 par des chômeurs en réorientation et des lycéens qui avaient terminé leurs études secondaires, projet qui a dynamisé  la ville et dont les Hollandais sont fiers, à juste titre.

 

Ces grands voiliers qui paradent la nuit...

J'avais ce jour-là, pour tout appareil photographique, un modeste téléphone portable, bien loin des performances de ceux d'aujourd'hui. Craignant de ne pouvoir revenir le lendemain - ce qui s'est produit - j'avais pris quelques clichés, de qualité médiocres.

 

Voici plus loin, "L'AMERIGO VESPUCCI".

C'est un immense voilier-école de la marine militaire italienne, un des plus grand voiliers du monde. Construit en 1930, il est basé à GENES. Il sert à former des élèves-officiers. Mais ces dernières années, il conjugue également le rôle d'ambassadeur de la culture et de l'ingénierie italiennes.

Il est présent dans les grands rassemblements internationaux, comme la Tall Ships' Rices, en 2007, l'Armada de ROUEN, les Voiles de Légende, en 2013, à Toulon, que j'évoquerai bientôt.

Ces grands voiliers qui paradent la nuit...

Beaucoup plus petit, non moins élégant, le CALA MILLOR est un brick-goélette espagnol qui sert essentiellement à la croisière en Méditerranée. Construit en 1946, aux Iles Baléares, il a été utilisé pour le commerce et a plusieurs fois changé de propriétaire et de nom, avant d’être racheté par l’Espagne qui l’a entièrement restauré pour le consacrer à la croisière et lui a rendu son nom initial.

Ces voiliers prestigieux ont pu être visités par des centaines d’admirateurs durant toute l’escale. Le soir, une fois l’accueil des visiteurs terminé, les marins ont pu visiter la ville, avant le départ pour Gènes, le lendemain.

Ces grands voiliers qui paradent la nuit...

Le lendemain matin, de nombreux Toulonnais devaient investir les côtes afin de saluer les magnifiques voiliers, à défaut de les accompagner, privilège de ceux qui ont pu naviguer près d'eux.

Ces grands voiliers qui paradent la nuit...
Ces grands voiliers qui paradent la nuit...

Merci, chers lectrices et lecteurs, pour votre soutien.

A bientôt pour de nouvelles rêveries maritimes.

Morvane.

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7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 23:48

Voyage en noir et blanc. Jeux d’ombre et de lumière.

A noir...…

On se prend à penser à  Arthur Rimbaud et ses élucubrations.

La nuit d’ébène osera-t-elle recouvrir les villes d’opaline et d’argent ?

Nuit extravagante de la pellicule argentique qui contraint le jour à se tapir dans l’ombre.

A l’heure de la sieste, quelle ironie !

 

 

 

Dans la France du Sud-Ouest, au pays des bastides :

La nuit d’ébène osera-t-elle recouvrir les villes d’opaline et d’argent ?

A Noir, comme Araignée

dont la toile en trois dimensions capture de grosses lucioles

qui croient lui échapper en s’éteignant.

La nuit d’ébène osera-t-elle recouvrir les villes d’opaline et d’argent ?

E Blanc… Nuit blanche du veilleur solitaire

qui rêve de trains fantômes et cherche en vain à étancher

sa soif d’étoiles

La nuit d’ébène osera-t-elle recouvrir les villes d’opaline et d’argent ?

Tournant le dos à la noirceur des vieux palais léprosés aux façades de blanc salpêtre

La nuit d’ébène osera-t-elle recouvrir les villes d’opaline et d’argent ?

Juché dans l’oculus au-dessus d’une

colonne de marbre,

le satyre se rit

De la suffisance des riches Bolognais moyenâgeux

Qui

Enlaidirent

La ville

De tours disgracieuses.

 

Deux cents furent construites, il n’en reste que deux. Tant mieux !

La nuit d’ébène osera-t-elle recouvrir les villes d’opaline et d’argent ?

La Torre Asinelli. Cinq cents marches, 97 mètres.

En italien, "asino" veut dire "âne".

Le suffixe "ello" signifie "petit".

Autrement dit : "La Tour des petits ânes" !

"La bellezza dell’ asino : la beauté du diable !"

 

La tour a beau se dresser vers le ciel et la lumière,

Elle demeure incontestablement ancrée dans les ténèbres de l’Enfer.

 

 

Et, pour répondre à cet orgueil passé, dans la même ville

et à peu près à la même époque :

La nuit d’ébène osera-t-elle recouvrir les villes d’opaline et d’argent ?

La Dame en noir.

Noire comme la douleur de cette Marie-Madeleine,

Immobilisée depuis plusieurs siècles, dans une église de

Bologne,

 

Devant le corps mort de Jésus de Nazareth.

La nuit d’ébène osera-t-elle recouvrir les villes d’opaline et d’argent ?

E Blanc…

L’éclat de l’étoile éblouissante n’est pas propice au repos.

Aussi le marcheur s’en retourne

aux ténèbres accueillantes.

 

Photos et textes de Morvane.

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