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28 février 2015 6 28 /02 /février /2015 16:03
A Metz, il n’y a pas que la cathédrale qui élève l’âme… Le Centre d’Art moderne Pompidou aussi !

L’été 2014 en Lorraine, se terminait joliment avec le beau temps. Il y avait une douceur dans l’air que rien ne venait troubler. Même la nature martyrisée des lieux tragiques de la guerre affichait encore un dynamisme exubérant. Quelle stupeur de tomber, ce malheureux 21 septembre, au moment où je me réjouissais d’aller à la rencontre de cette ville inconnue de moi et prometteuse, Metz, Préfecture de Région Lorraine, sous les assauts d’un déluge intempestif et désespérant, barrière ininterrompue d’eau, comme si le ciel avait perdu la raison !

En plein cœur de ville, la cathédrale Saint-Étienne, cet imposant édifice gothique, impossible à photographier en son entier, tellement il est haut et étroitement ceinturé par les habitations, est l’un des plus grands d’Europe. Il ne mit pas moins de trois siècles à venir au monde. On l’aperçoit ici derrière le quai Saint-Louis.

Malgré tout, j’ai tenté une incursion dans le centre ancien, des fois que les éléments se calment. J’ai rapidement dû « encombrer » - je ne peux pas dire visiter – aux côtés d’une foule désorientée, venue se mettre à l'abri, l’imposante cathédrale. Là, un guide dévoué, ayant observé que mes yeux se levaient vers les vitraux et les voutes de la nef – Superbes ! Parmi les vitraux du XIVe siècle, j'en ai reconnu un, du XXe siècle, signé Marc Chagall - un guide peut-être seulement improvisé, entreprit de m’éclairer sur la beauté de l’édifice, pendant que je grelottais de froid, après que mon imperméable eût déclaré forfait.

A Metz, il n’y a pas que la cathédrale qui élève l’âme… Le Centre d’Art moderne Pompidou aussi !

Voici le Temple Neuf. Ne vous méprenez pas sur son allure moyenâgeuse : il n’en a que le style, construit au XXe siècle. Pourquoi pas ? C’est avec panache qu’il fend la Moselle du haut de l’île du Petit Saulcy, entouré du jardin d’Amour, et son allure impose le respect. Savez-vous qui le fit bâtir en 1901 ? – Guillaume II lui-même, du temps de l’occupation allemande de la Lorraine. La photo est prise du Moyen Pont.

On eut beau s’être armé d’imperméable et parapluie, force fut de botter en touche après avoir tenté quelques malheureuses photos. L’objectif de mon appareil en pleura.

A Metz, il n’y a pas que la cathédrale qui élève l’âme… Le Centre d’Art moderne Pompidou aussi !

Le lendemain, par bonheur, le temps s’était assagi, juste ce qu’il fallait pour que je puisse accomplir l’objectif incontournable que je m’étais fixé pour ce voyage : la visite du Centre Pompidou-Metz.

A Metz, il n’y a pas que la cathédrale qui élève l’âme… Le Centre d’Art moderne Pompidou aussi !

Situé près de l’ancienne gare de marchandises, dans un quartier en plein développement, le quartier de l’Amphithéâtre, il est encore cerné de terrains vagues et chantiers.

Patience ! Le quartier est plein d’avenir. A la croisée des affaires, des commerces et des habitations, sans oublier sa vocation écologique (déjà des arbres poussent dans d’énormes pots), le théâtre est appelé à occuper la place de choix de la culture de l’esprit et des sens, en rappelant aux uns qu’il n’y a pas que l’argent qui compte – quoiqu’on a toujours besoin de mécènes- aux autres que la consommation triviale des biens matériels ne suffit pas à donner un sens à sa vie et à tous que l’art est le suprême bien, seul capable de donner accès au Sublime, au Nirvana ou autre Transcendance.

A Metz, il n’y a pas que la cathédrale qui élève l’âme… Le Centre d’Art moderne Pompidou aussi !

Une fois qu’on a réussi à sa garer, opération difficile, car s’il existe bien un parking sous la gare, aucun –semble-t-il – n’est prévu pour les véhicules hauts comme les camping-cars, voici la merveille !

« En avançant sur le parvis et dans les jardins qui relieront le centre-ville de Metz et la gare au Centre Pompidou-Metz, le visiteur découvrira un édifice aux tons clairs et lumineux, puissant et léger à la fois, invitant à s’abriter sous son toit protecteur. Nous avons imaginé une architecture qui traduise l’ouverture, le brassage des cultures et le bien-être, dans une relation immédiate et sensorielle avec l’environnement. »
Shigeru Ban et Jean de Gastines.

www.centrepompidou-metz.fr

 

Peut-on mieux restituer l’esprit de l’œuvre architecturale ainsi que les intentions culturelles, humaines et environnementales, que les architectes eux-mêmes ?

A l’origine du projet de musée d’art moderne, il y a eu l’idée basée sur la nécessité de doter cette ville au passé prestigieux, d’un lieu d’art exceptionnel, au carrefour de deux grands axes : nord-sud, à savoir Mer du Nord – Méditerranée, est-ouest, à savoir Paris – Berlin. La structure du bâtiment elle-même symbolise ces ouvertures multiples, par ses ouvertures.

Le musée est la première expérience de décentralisation d’un établissement culturel public, le centre Pompidou de Paris. Il s’agissait de mettre à la disposition d’un très large public, pas seulement français, toutes les formes d’expression artistique des XXe et XXIe siècles.

Lieu d’expositions, pas seulement, lieu de création pour des artistes, lieu de sensibilisation et expression grâce à des ateliers pour les enfants.

A la suite d’un concours international, le projet des architectes susnommés a été retenu en 2003. Sept ans après, le 11 mai 2010, le musée était inauguré et ouvert au public le lendemain.

Maquettes présentées au Centre.

Maquettes présentées au Centre.

A Metz, il n’y a pas que la cathédrale qui élève l’âme… Le Centre d’Art moderne Pompidou aussi !

Les maquettes exposées au musée donnent une idée de la structure. Les deux architectes ont imaginé trois galeries parallélépipédiques superposées et croisées, dont les ouvertures donnent sur les points phares de Metz comme la cathédrale ou la gare. Ainsi, elles permettent d’admirer la ville. La toiture, réalisée en fibre de verre et téflon, est posée sur une armature de bois très originale qui évoque le cannage. L’ensemble donne une impression de légèreté et de douceur.

En effet, l’architecte japonais Shigeru Ban, qui est célèbre pour des réalisations architecturales en carton, destinées à venir en aide aux victimes de catastrophes naturelles, aurait été inspiré à la vue d’un chapeau tressé exposé à la Maison de la Chine, à Paris.

A Metz, il n’y a pas que la cathédrale qui élève l’âme… Le Centre d’Art moderne Pompidou aussi !

D’où cette toiture originale, complexe, qui laisse passer la lumière, suggérant au gré des promeneurs, des vagues, des fleurs. Pour ma part, j’y vois plutôt une raie comme celles qui arpentent inlassablement le sable des fonds marins. Et vous ?

Détails de la structure : un pilier et l'avant-toit.
Détails de la structure : un pilier et l'avant-toit.

Détails de la structure : un pilier et l'avant-toit.

A Metz, il n’y a pas que la cathédrale qui élève l’âme… Le Centre d’Art moderne Pompidou aussi !

A l’intérieur, le bois clair, le blanc renforcent la clarté. Par ailleurs, l’ensemble hauteur plus lumière donne une impression paradoxale mais réelle de « Grandeur aérienne ».

A Metz, il n’y a pas que la cathédrale qui élève l’âme… Le Centre d’Art moderne Pompidou aussi !

Au premier étage, l’axe autour duquel semblent pivoter les galeries, s’ouvrent sur des coursives d’où l’on peut admirer la toiture inversée due aux miroirs de Buren, qui ont pour effet de brouiller la notion d’espace, au point que l’on puisse se laisser aller à imaginer que l’on marche sur le toit ! Qui n’a pas, enfant, déambulé dans la maison, les yeux fixés sur un miroir, pour s’offrir un instant le plaisir de marcher au plafond !

A Metz, il n’y a pas que la cathédrale qui élève l’âme… Le Centre d’Art moderne Pompidou aussi !

Enfin, je terminerai cette exploration du Centre Pompidou-Metz, par une vue, malheureusement parcellaire, qui nous est offerte de la ville, du haut de la dernière galerie.

Une prochaine fois, je rendrai compte de l’intérieur.

En attendant, chers lectrices et lecteurs, si vous voulez en savoir plus consultez le site : http://www.centrepompidou-metz.fr.

D'autres sources d'information sont riches, qu'il s'agisse de la ville, son histoire, ses activités, du musée et même des avis des visiteurs en grande partie satisfaits de l'architecture. Pour le contenu du musée, les opinions varient, néanmoins, le Centre Pompidou-Metz est le 2e musée de France le plus fréquenté, hors Paris.

Et merci encore de me lire ! Vous êtes de plus en plus nombreux à le faire et j’en suis très touchée.

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Published by morvane - dans Arts & Techniques
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21 février 2014 5 21 /02 /février /2014 17:26

 

Un haut lieu de la Franche-Comté est la cité des Utopies, à savoir la Saline Royale d’Arc et Sénans. Ne soyez pas étonnés que ce rêve, matérialisé par l’architecture remarquable d’un visionnaire du XVIIIe siècle, Nicolas LEDOUX, hante la région au point d’avoir inspiré au pays de l’automobile, les Musées de Belfort et de Montbéliard.

Ceux-ci ont offert tout l’été aux visiteurs, comblés entre plaisirs de la nature et gastronomie, d’abondantes nourritures spirituelles et sensibles, à travers une exposition, qui incarne des réalités et l’âme de cette région : « KM/H. Utopies automobiles et ferroviaires »

Cent ans de représentations de l’imaginaire d’artistes autour du thème. Imaginaire parfois enthousiaste, parfois critique, voire inquiet.

Chemin de fer, automobile. KM/H. Cent ans d'Utopies  en Franche-Comté.

 

Bouger, se déplacer, voyager. Depuis la nuit des temps. Aller chercher sa nourriture, se protéger, explorer de nouveaux territoires…Et pour se faire, inventer les outils pour suppléer à la faiblesse humaine : la roue ! Employer l’animal, sitôt domestiqué : le cheval, en l’occurrence. On s’en sert même, au Moyen Age, comme instrument de mesure : une demi-journée de traversée à cheval sert à délimiter le plus petit fief possible, au temps de la féodalité. L’épopée du cheval incontournable durera quelques siècles, avant que les considérables progrès, dus à la Révolution industrielle du XIXème siècle, n’ouvrent, pas seulement une ère de progrès technique, mais économique, sociale, intellectuelle et artistique.

"Le cheval" de Marcel DUCHAMP-VILLON, 1913 & "Le mécanicien" de Fernand LEGER, 1918."Le cheval" de Marcel DUCHAMP-VILLON, 1913 & "Le mécanicien" de Fernand LEGER, 1918.

"Le cheval" de Marcel DUCHAMP-VILLON, 1913 & "Le mécanicien" de Fernand LEGER, 1918.

 

On remplace l’antique malle-poste, inconfortable, contraignante à cause des changements de chevaux, et le nombre réduit de voyageurs. Le train, c’est autre chose ! Il fascine et il fait peur. Les détracteurs du progrès le font passer pour une invention du diable ! Néanmoins, qu’est-ce qu’il facilite la vie ! Les artistes, pourvoyeurs de rêves, s’en emparent. Les écrivains en font des personnages, comme Emile ZOLA dans « La Bête humaine » qui inspirera plus tard le cinéaste Jean RENOIR.

Chemin de fer, automobile. KM/H. Cent ans d'Utopies  en Franche-Comté.
Chemin de fer, automobile. KM/H. Cent ans d'Utopies  en Franche-Comté.

En 1918, Antoine Auguste DURANDEAU fixe sur la toile une scène inconcevable : «Intérieur de la nef des Jacobins de Toulouse, avec les voitures contenant les tableaux évacués du Louvre ». (Musée du Louvre)

Gundmundur Gudmundsson, dit ERRO : « The cross train », 1977. Collage.

 

Il y a un peu plus d’un an, je vous invitais à rêver avec œuvres d’artistes, inspirés par l’automobile. C’était à l’Hôtel des Arts de Toulon. L’exposition, dont j’ai rendu compte dans mon article 17, s’intitulait : « L’Automobile dans tous ses états ».

 

Aujourd’hui, c’est une autre rencontre d’artistes que je vous propose sur ce thème, grâce aux travaux complémentaires des responsables et acteurs des deux musées de Belfort et Montbéliard. Deux lieux remarquables et bien différents pour cette promenade à travers cent ans d’histoire, où les progrès techniques n’ont cessé d’inspirer les artistes et de faire rêver les hommes.

 

A la Tour 46 de Belfort, Félix AUBLET: "Etudes pour un panneau de la façade du pavillon des chemins de fer"

A la Tour 46 de Belfort, Félix AUBLET: "Etudes pour un panneau de la façade du pavillon des chemins de fer"

A Montbéliard, une partie du château des ducs de Wurtemberg.

A Montbéliard, une partie du château des ducs de Wurtemberg.

Deux lieux très différents. L’un, le Musée de Belfort a présenté dans la Tour 46, un des maillons des impressionnantes fortifications de Vauban, la période de 1913 à 1953. L’autre, dans le Musée du château des ducs de Wurtemberg, au style tout germanique - le Pays de Montbéliard fut une enclave germanique pendant quatre siècles et la ville doit son architecture particulière au règne des ducs de Wurtemberg - nous invite à découvrir la période de 1963 à 2013.

 

Œuvres très différentes aussi, puisqu’elles vont de la peinture, la sculpture, la photographie, le cinéma avec un court métrage de Claude Lelouch sur une folle traversée de Paris en voiture…

Chemin de fer, automobile. KM/H. Cent ans d'Utopies  en Franche-Comté.
Chemin de fer, automobile. KM/H. Cent ans d'Utopies  en Franche-Comté.

 

Côte à côte :

1984. Gérard BAQUIE : « Autrefois, il prenait souvent le train pour travestir son inquiétude en lassitude » (Centre Pompidou, Paris) 

2010. « Algorithme de l’immobilité ». Le peintre roumain, Serban SAVU, traduit une jeunesse solitaire qui cherche à tuer le temps, dans un décor d’abandon. (Musée des Beaux-arts de Dole)

 

« A ce moment, le train passait, dans sa violence d’orage, comme s’il eût tout balayé devant lui. La maison en trembla, enveloppée d’un coup de vent. Ce trains-là, qui allait au Havre, était chargé, car il y avait une fête pour le lendemain dimanche, le lancement d’un navire. Malgré la vitesse, par les vitres éclairées des portières, on avait eu la vision des compartiments pleins, les files de têtes rangées, serrées, chacune avec son profil. Elles se succédaient, disparaissaient. Que de monde ! encore la foule, la foule sans fin, au milieu du roulement des wagons, du sifflement des machines, du tintement du télégraphe, de la sonnerie des cloches ! C’était comme un grand corps, un être géant couché en travers de la terre, la tête à Paris, les vertèbres tout le long de la ligne, les membres s’élargissant avec les embranchements, les pieds et les mains au Havre et dans les autres villes d’arrivée. Et ça passait, ça passait, mécanique, triomphal, allant à l’avenir avec une rectitude mathématique, dans l’ignorance volontaire de ce qu’il restait de l’homme, aux deux bords, caché et toujours vivace, l’éternelle passion et l’éternel crime. »

Emile ZOLA : « La Bête humaine ».

Chemin de fer, automobile. KM/H. Cent ans d'Utopies  en Franche-Comté.

Et pour finir cette première partie, voici un collage sur papier, comme un ciin d'oeil malicieux, de Tomi UNGERER, issue de la "Série Horrible". 1960. (Musée de Strasbourg)

 

***

Deuxième partie dans le prochain article.

***

Merci aux responsables, acteurs, prêteurs des oeuvres et à tous ceux qui ont permis à cette magnifique exposition de nous enchanter et de nous faire découvrir deux belles villes de notre patrimoine !

A mes lecteurs & lectrices : Merci de votre fidélité !

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