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1 novembre 2016 2 01 /11 /novembre /2016 22:49

En France, dans le département du Gard, exactement sur la commune de Saint-Jean-de-Maruéjols-et-Avéjan, l’extraction de l’asphalte naturel, a été une importante activité économique de 1859 à 2008. Roche calcaire imprégnée de bitume, elle donne une fois chauffée, un mastic utile pour l’étanchéité des bâtiments et des routes. On peut encore voir aujourd’hui deux puits se dresser : le puits Berry et le puits Goldney.

Cependant mon propos n’est pas de vous entretenir sur cette activité dont j’ignore à peu près tout. Chacun peut s’instruire en consultant le site du Patrimoine minier français. Je m’en tiendrai donc à un de mes centres d’intérêt de prédilection : l’ART et l’EXPRESSION de la BEAUTE.

 

Quelques bâtiments laissés à l’abandon, ont peu à peu été fréquentés par des personnes en mal d’expression avec plus ou moins de réussite, allant de simples tags généralement incompréhensibles, à de véritables tableaux. Néanmoins, l’Art urbain auquel s’apparentent ces créations est par définition un art éphémère dont les œuvres sont toujours susceptibles d’être recouvertes par l’inspiration des artistes suivants. J’ai pu le constater en consultant des photographies  antérieures aux miennes, publiées sur des sites dont je donnerai les noms à la fin de cet article.

 

 

Tout apprenti peintre peut s’exprimer dans ces lieux abandonnés qui, de ce fait, offrent des espaces grands et gratuits. On peut observer que tous n’ont pas le même talent, ni la même intention. Il se peut que certains éprouvent seulement l’envie de marquer leur passage, par contre d’autres font preuve d’acquisitions techniques : vraie maîtrise du dessin, des proportions, de la composition, accompagnées de beaucoup d’imagination et d’une vraie démarche esthétique.

Voyez vous-mêmes à travers quelques photos que j'ai faites, lors de ma promenade dans cette région.

« Street art » à la campagne : L'ancienne usine d’asphalte d’Avéjan, un nouveau lieu d’Art urbain.
« Street art » à la campagne : L'ancienne usine d’asphalte d’Avéjan, un nouveau lieu d’Art urbain.

 

La peinture suivante montre bien la démarche artistique, à mon avis. Il ne s'agit pas seulement de représenter l'objet imaginé, ici une "vraie" girafe, mais de se confronter avec la réalité crue, le mur, la porte, la présence du plafond qui oblige ou permet le noeud du cou, pour en tirer un nouvel objet chargé de fantaisie et d'humour qui existe bel et bien pour le plaisir de celui ou celle qui regarde !

 

 

Ici... "On est Charlie" et "on est le plus fort" semble dire l'auteur, qui pour une fois, abandonne son langage ésotérique peut-être connu de lui seul ! Pas sûr !

Serait-ce un autoportrait ?

 

Ici, la salle est mise en scène dans une composition digne de certains artistes modernes : un bidon peint, qui représente une sculpture (tête d'homme) a été placé au centre de la pièce. L'homme prénommé peut-être "Artur" semble se désintéresser du monde qui l'entoure. Il a de quoi se sentir mal à l'aise ! Il n'a pas l'air sensible à la beauté de la jolie jeune femme, à droite.  Les bombes de peinture abandonnées ça et là constituent, volontairement ou pas, un ensemble relativement harmonieux. On pourrait penser à une allégorie de la place de l'homme dans l'univers, telle que les Anciens se la représentaient. En tous cas, j'ai personnellement vu ce genre d'oeuvre dans plusieurs musées d'art moderne européens.

Univers inquiétant où l'homme, un peu plus réaliste dans la représentation, est totalement déstructuré.

Là, le personnage est vu de face à travers une ouverture plutôt qu'une porte.

L'ambiance devient menaçante... plutôt sortir !

Ambiance toute différente. Le ciel bleu, les palmiers, une aile d'oiseau... une gaité lumineuse.

Maintenant, pour dire au revoir ! je vous propose de revoir le détail d'un des premiers tableaux où vous reconnaissez sans doute un célèbre dessin animé pour les enfants des années 1980.

Merci de votre attention. Mon prochain article sera consacré à un aspect de la Grande Guerre.

Pour celles et ceux qui veulent en savoir plus sur l'asphalte, vous pouvez consulter :

les sites des communes concernées, dont

http://www.par-monts-et-par-vaux.eu/mines_asphalte_1html

et surtout, si vous voulez approfondir le sujet, consultez le site consacré à l'ensemble des mines en France, leurs caractéristiques et leur histoire :

http://www.patrimoine-minier.fr

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26 mai 2014 1 26 /05 /mai /2014 02:24

L’artiste crée de la beauté avec les matières, les outils dont il dispose ou qu’il invente, selon l’aller-retour permanent, on dit aujourd’hui l’interaction, de sa main/outil et de la matière.

Que la matière soit inerte ou animée, l’homme cherche toujours à la modeler, la transformer. Son intelligence lui permet d’anticiper un monde plus confortable. Il y a de ce fait en lui, un appétit irrépressible d’invention, de création. Pour ce faire, il n’hésite pas à effectuer le grand détour de la science et de la technologie.

Il y a en lui, un démiurge qui sommeille, quelque chose d’un dieu déchu, jaloux de son ancien pouvoir et qui cherche incessamment à l’égaler. Les mythes et légendes foisonnent de récits fantastiques qui illustrent ce désir. Les Grecs avaient bien cerné l’essence de l’être humain, décrite dans le mythe de Prométhée.

 

Céramique antique représentant le supplice de Prométhée.

Céramique antique représentant le supplice de Prométhée.

Prométhée, osa se révolter, contre les Dieux, pour voler le feu sacré de l’Olympe, invention divine et symbole de la Connaissance, afin de l’offrir aux hommes et leur permettre d’accéder au savoir.

L'Ancien Testament, raconta qu'une certaine Eve avait fait à peu près la même chose...Désobéissance à Dieu pour faire accéder l'humanité au savoir. L'arbre interdit n'étant autre que celui de la Connaissance. Ce geste d'indépendance eut de terribles conséquences pour la gente féminine, comme l'affirme avec vigueur, le philosophe français Michel Onfray.

Zeus condamna Prométhée au supplice suivant : il devrait être enchainé nu à un rocher, et chaque nuit, un aigle viendrait lui dévorer le foie, qui repousserait le jour suivant.

Icare et Dédale, de Piotr Ivanivitch SOKOLOV

Icare et Dédale, de Piotr Ivanivitch SOKOLOV


Le mythe grec évoque également la tentation irrépressible de l’homme de rivaliser avec les Dieux, dans l’espoir de se dépasser, s’élever au-dessus de sa condition.

Le philosophe et scientifique Gaston BACHELARD (1884-1962) a donné le nom de "complexe de Prométhée", à "toutes les tendances qui nous poussent à savoir autant que nos pères, plus que nos pères, autant que nos maîtres, plus que nos maîtres." 

D’après lui, « le complexe de Prométhée est le complexe d'Œdipe de la vie intellectuelle. »

lcare et son père Dédale ne pouvaient s'enfuir du palais de Minos qui les retenait prisonniers, ni par la terre, ni par la mer. Dédale construisit des ailes avec des plumes et de la cire et recommanda à son fils de ne pas s'approcher du soleil. Icare désobéit, la cire fondit et il tomba dans la mer où il se noya. Le célèbre mythe illustre aussi les dangers qu'il y a à défier l'autorité et le réel.

Ce comportement de dépassement de soi, à des niveaux plus ou moins élaborés, se retrouve chez presque tous les êtres humains et dans tous les domaines.

La Tour de Babel, peinte au XVIIe siècle par Pieter BRUEGEL L'ANCIEN.

La Tour de Babel, peinte au XVIIe siècle par Pieter BRUEGEL L'ANCIEN.

Pour le sujet qui nous intéresse : Chacun se préoccupe du beau, mais seul l’artiste en atteint la perfection.

Et encore...Que de doutes confie-t-il dans le secret des journaux intimes, des lettres. Comment savoir que l’œuvre est achevée ? Quand est-on certain de donner le dernier coup de pinceau ? Le dernier coup de marteau ? Le point final ?...

Ce dépassement lui procure bonheur et angoisse.

Bonheur d’exprimer, de donner vie à ce qu’il a en lui, de communiquer avec autrui.

Angoisse de la solitude, de l’incompréhension.

Qui mieux que le poète Charles Baudelaire pour exprimer sa condition ?

L'Albatros

Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d'eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid !
L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait !

Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer ;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.

Charles BAUDELAIRE. Les Fleurs du Mal.

 

Cependant, il doit vivre.

S’il n’a pas de fortune personnelle, gagner sa vie.

Mais, est-il possible de mener conjointement travail « alimentaire » et travail artistique ?

S’il a du talent et de la chance, la société lui donne les moyens de s’exprimer. A travers sa famille, comme le soutien financier dont Vincent VAN GOGH bénéficia de son frère Théo, par le mécénat des entreprises, et celui des particuliers amateurs d’art, grâce aux Etats qui attribuent des aides, des prix, lui passe des commandes.

Amandier en fleurs, de Vincent Van Gogh. (détail)

Amandier en fleurs, de Vincent Van Gogh. (détail)

Voici ce qu'écrivait Vincent à son frère Théo. Sa correspondante a été publiée chez Grasset, en 1937, sous le titre : Lettres à son frère Théo.

Jusqu'à présent, j'ai dépensé plus pour mes couleurs, toiles, etc., que pour moi. J'ai encore un nouveau verger pour toi, mais au nom de Dieu fais-moi parvenir la couleur sans retard. La saison des vergers en fleurs est si passagère, et tu sais que ces motifs sont de ceux qui égaient tout le monde. Aussitôt que je pourrai payer caisse et affranchissement (le dernier sans doute meilleur marché ici à la petite station, que le résultat Gare de Lyon) je t'expédie les études.
Suis sans le sou pour le moment, comme déjà je te le disais.

Lettres à son frère Théo. p. 165

 

Il se peut qu’il ait du talent, et qu’en tant que créateur, il refuse de se plier à une volonté extérieure qui limiterait sa liberté d’expression, puisqu’il deviendrait dépendant de son protecteur – à plus forte raison si son œuvre se démarque, voire tourne le dos aux normes esthétiques officielles (par exemple, l’interdiction de représenter le visage humain par une autorité religieuse, l’interdiction faite aux femmes de jouer la comédie, etc.).

Incompris de son époque – il devient « artiste maudit » - On connait la suite, s’il n’arrive pas à vendre ses œuvres. Ce fut le cas de Vincent Van GOGH, de MODIGLIANI, et beaucoup d'autres .

Que seraient devenus les amis impressionnistes parmi les plus admirés aujourd’hui, sans l’aide du riche CAILLEBOTTE, peintre lui-même ?

Au cinéma, le thème du film « The Artist » n’est rien moins que le drame vécu par les acteurs du cinéma muet, dès l’invasion du « parlant ». Le grand Buster KEATON, « l’homme qui ne riait jamais », ne put s’adapter au cinéma parlant. Il est mort pauvre et oublié.

Buster Keaton

Buster Keaton

 

L’histoire des Arts et de la Littérature colle aux fluctuations de l’histoire, du progrès, du goût du public qui réclame du nouveau parfois, …ou le contraire : que rien ne change !

Par ailleurs, le goût de la beauté, la création des œuvres font partie de l’Histoire et sont marqués par ses fluctuations.

Il est remarquable de constater que tous les régimes autoritaires, qu’ils soient politiques (de droite et de gauche) ou religieux (intégrismes), briment voire répriment la création artistique, en même temps que la liberté de pensée et d’expression.

Regardez maintenant, comme l’art officiel, sous les dictatures hitlérienne et stalinienne, se ressemble ! Toutes deux ont condamné l’Impressionnisme, le Fauvisme, le Cubisme et autres courants modernes que nous admirons aujourd’hui, qu’ils qualifiaient d’« art bourgeois », « art décadent ».

De même, toute libération, toute reconquête des libertés, va de pair avec une révolution artistique.

L'Ouvrier et la Kolkhozienne (URSS) et Le Guerrier (IIIe Reich)
L'Ouvrier et la Kolkhozienne (URSS) et Le Guerrier (IIIe Reich)

L'Ouvrier et la Kolkhozienne (URSS) et Le Guerrier (IIIe Reich)

Voici deux sculptures qui se ressemblent.

 

Elles sont très réalistes grâce aux détails des corps qui évoquent les sculptures antiques, suggèrent avec force le mouvement, l’élan. Les personnages sont volontaires, décidés. Rien ne semble les arrêter. La verticalité des corps représente la force, la détermination pour un idéal. L’horizontalité des vêtements accentuée par la marche, signifie l’action en cours. La position des jambes est identique. Dans les deux cas, ce qui est donné à admirer, c’est l’héroïsme. Les personnages nous montrent le chemin pour réaliser l’idéal proposé. La différence vient justement de la nature de l’idéal.

 

Le couple qui brandit une faucille et un marteau, symbolise le travail, l’agriculture et l’industrie, les paysans et prolétaires qui ont pris le pouvoir et indiquent la voie à suivre. Cette statue monumentale (25 mètres de hauteur, 80 tonnes) intitulée : « L’Ouvrier et la Kolkhozienne », représenta l’U.R.S.S. de Staline à l’Exposition Internationale de Paris, en 1937. Elle est signée Véra Moukhine (1889-1953). Bel exemple de l’art officiel soviétique, autrement appelé « Réalisme socialiste ». Toute autre forme d’art contemporain fut rejetée, traitée de contre-révolutionnaire. Furent condamnés les Impressionnistes, les Nabis, les Cubistes, les Surréalistes et bien sûr l’Art Abstrait.

 

La seconde sculpture diffère par l’idéal, symbolisé par le glaive. D’autres signes insistent sur la valorisation des civilisations glorieuses du passé, fondatrices du présent : le visage est tourné vers l’arrière comme pour prendre son inspiration du passé, le profil grec du personnage, la coiffure, le drapé de la cape. L’homme est un conquérant. Il incarne le pouvoir, la domination. Il invite à le suivre. Il est le guide, le chef, le führer… Tout aussi essentiel que l’épée, la main droite, ouverte et dressée. Faites-la pivoter de 90°, voilà le salut nazi parfait ! Bel exemple d’art officiel sous le IIIème Reich, qui affiche ici sa croyance dans la supériorité de la race aryenne et sa volonté de conquérir les peuples inférieurs, pour en faire ses esclaves. L’œuvre intitulée « Der Kempfer » : le Guerrier, le Champion, émane du sculpteur Arno BREKER (1900-1991). Les nazis condamnèrent tout autant l’Impressionnisme, le Nabisme, le Cubisme, le Surréalisme et bien entendu l’Art Abstrait, puisque non figuratif. « Art dégénéré », dirent-ils. Je vous laisse imaginer ce qu'ils aurait pensé de la sculpture suivante !

Femme noire. Nicky de Saint-Phalle. Musée d'Art Moderne de Nice.

Femme noire. Nicky de Saint-Phalle. Musée d'Art Moderne de Nice.

Néanmoins, il ne faudrait pas tomber dans le piège qui consiste à lier art et morale, art et idéologie.

On peut désavouer les choix politiques des artistes, en tant que membre du corps social, cela n’enlève rien à leur talent d’artiste, ni à la beauté de leurs œuvres.

Le chef d’orchestre Herbert VON KARAJAN eut, parait-il, des sympathies nazies. Si c’est vrai, il a eu tort, mais un Etat peut tenter de détruire tous ses disques, en représailles, cela n’empêcherait en rien de détruire à jamais le danger de cette idéologie et priverait de joie, pour longtemps encore, tant de mélomanes !

C’est comme si on détruisait la « Pietà » de MICHEL ANGE (Saint-Pierre du Vatican), l’« Assomption de la Vierge » du peintre espagnol LE GRECO, la magnifique cathédrale gothique d’Amiens… sous le prétexte que les tribunaux de l’Inquisition envoyèrent au bucher des milliers de personnes accusées d’hérésie !

Rappelez-vous : le célèbre GOYA eut maille à partir avec l’Inquisition espagnole et dut s’enfuir en France où il mourut. Un comble pour l’auteur du « Tres de mayo » Il était pourtant le peintre officiel de la cour royale en Espagne !

Goya : Le "Tres de Mayo".

Goya : Le "Tres de Mayo".

C'est sur cette réflexion que je vous quitte à présent; mais...ce n'est pas fini !

Merci de votre attention. N'hésitez pas à me faire part de vos propres réflexions.

Si vous appréciez de me lire, je vous recommande de vous inscrire à la "newsletter", afin d'être prévenu (ue), lors de la parution du prochain article. A bientôt !

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7 avril 2014 1 07 /04 /avril /2014 15:28

De quoi parle-t-on au juste, quand on parle du BEAU ?

 

Dans les moindres détails de la vie, tout le monde éprouve une certaine sensibilité au beau. Il n’est qu’à regarder les intérieurs, même les plus modestes, pour découvrir bibelots, meubles, objets de décoration, autant  de parcelles d’intimité, auxquelles certains tiennent, comme « la prunelle de leurs yeux » ! Morceaux de mémoire, morceaux d’amour. Morceaux de vie. Présence de soi…

Tous ont été choisis un jour parce qu'ils donnent du plaisir, en s'offrant à la contemplation.

A travers le temps, comme partout dans le monde, la recherche du plaisir esthétique semble universelle. Néanmoins, la volonté de définir des critères de jugement, n’empêche pas tout un chacun, d’avoir sa propre idée de ce qui est beau !

Cette horloge de table date de Louis XIII. Elle fait partie des multiples joyaux du remarquable Musée de l'Horlogerie de Morteau,dans le Doubs.

Cette horloge de table date de Louis XIII. Elle fait partie des multiples joyaux du remarquable Musée de l'Horlogerie de Morteau,dans le Doubs.

Les colporteurs francs-comtois surent vendre leurs lumineuses horloges dans toute la France. Celle-ci se laisse admirer au Musée de l'Horlogerie de Morteau.

Les colporteurs francs-comtois surent vendre leurs lumineuses horloges dans toute la France. Celle-ci se laisse admirer au Musée de l'Horlogerie de Morteau.

Nous contemplons le beau à travers la nature. On peut imaginer que les hommes de la préhistoire ont été impressionnés à la vue des sites grandioses, océan, montagne, volcans, etc. Ils en ont ressenti un sentiment de peur et en même temps d’appartenance.

La beauté de la nature ne dépend pas de nous, quoique l’homme soit capable d’y apporter sa griffe par son travail.

Les couchers de soleil émerveillent, tout comme les montagnes enneigées, les animaux et les plantes.

Sans doute a-telle joué un rôle essentiel dans l’apparition d’activités artistiques chez l’homme. Je pense aux merveilleuses peintures rupestres de Lascaux ou de la grotte Chauvet, entre autres.

 

Ces bovidés sculptés dans la roche, peuvent être admirés au Musée National de la Préhistoire, aux Eyzies-de-Tayac, en Dordogne.

Ces bovidés sculptés dans la roche, peuvent être admirés au Musée National de la Préhistoire, aux Eyzies-de-Tayac, en Dordogne.

Quelques exemples de peintures rupestres, à Lascaux et à la grotte Chauvet.
Quelques exemples de peintures rupestres, à Lascaux et à la grotte Chauvet.
Quelques exemples de peintures rupestres, à Lascaux et à la grotte Chauvet.

Quelques exemples de peintures rupestres, à Lascaux et à la grotte Chauvet.

Ce qui nous fascine, c’est que ces hommes du paléolithique ne se sont pas contentés de représenter les animaux qu’ils chassaient, mais malgré le peu de moyens techniques dont ils disposaient, ont composé de véritables scènes comme des charges de rhinocéros ou de lionnes, des chevauchées sauvages, etc. avec de belles perspectives et des reliefs d’ombres, grâce au charbon de bois.

D’ailleurs, on parle des « artistes » du néolithique ou du paléolithique. On a dit aussi que ces peintures avaient sans doute un caractère religieux. Il est vrai que sitôt apparues les premières croyances, les hommes ont déterminé des lieux sacrés où exercer leurs rites.

Mais, il y a loin entre aimer ce qui est beau et créer soi-même des œuvres d’art, en dépit du souhait du poète LAUTREAMONT, qui avait écrit, au XIXe siècle :

 

La poésie doit être faite par tous. Non par un.

 

La nature est toujours la grande inspiratrice depuis lors. Cependant, l’homme n’admire pas seulement la beauté de la nature. Il ne se contente pas de rester spectateur. Manque de modestie ? A moins qu’elle n’exacerbe son instinct de conquérant !

Il se voit l’admirant et de ce fait, il va la représenter en s’y projetant.

Pas forcément en se représentant lui-même dans le paysage, mais en la recréant à la lumière de ce qu’il est profondément, qu’il en soit conscient ou non.

Ainsi, il veut traduire le monde non tel qu’il est, objectivement, mais tel qu’il le voit, lui, subjectivement. Tel qu’il le sent, tel qu’il se sent en lui.

D’où l’émotion que nous éprouvons devant les œuvres : elles nous parlent des émotions des autres traduites dans un langage esthétique.

Mais si la beauté est naturelle,donc antérieure à l'homme, l’art, lui, est humain. Essentiellement humain.

La montagne Sainte Victoire, peinte par Paul CEZANNE, puis photographiée par moi-même, d'un point de vue plus au sud.
La montagne Sainte Victoire, peinte par Paul CEZANNE, puis photographiée par moi-même, d'un point de vue plus au sud.

La montagne Sainte Victoire, peinte par Paul CEZANNE, puis photographiée par moi-même, d'un point de vue plus au sud.

Force est de constater que certains êtres ont plus de talent que d’autres. Le métier d’artiste peut s’apprendre : les techniques, les gestes, la culture qui est le ferment de l’imagination… pas le génie ! Voilà pourquoi n’est pas Rembrandt qui veut, ni Baudelaire, ni Wagner, ni Chaplin, etc.

 

Il n’est pas facile d’être artiste : il faut s’exprimer au moyen de l’imagination, de la culture, maitriser des techniques, se plier à des règles et se dépasser sans cesse, car, la répétition tue la création.

 

Les hommes peuvent être à peu près d’accord pour admettre la beauté de sites naturels, bien qu’une part de subjectivité demeure dans l’appréciation de cette beauté. Interviennent ici « les fameuses questions de goût » que nous voyons exacerbées dans l'Art. Fort heureusement, nous sommes différents les uns des autres, et nous n’apprécions pas les mêmes choses.

 

Cette subjectivité s’exprime tout particulièrement dans l’Art. Tel préfère la peinture figurative, tel autre l’art abstrait, une autre n’est bouleversée qu’au cinéma, certaines ne connaissent d’émotion esthétique qu’avec la musique…

 

Du beau, comment en parler ? Il nous amène à l’Art. Quoique...Toutes les oeuvres d'art sont-elles belles? Pas du tout évident !

 

Qu’est-ce que l’art ? Comment s’est-il distingué du « bien faire » ? Comment expliquer toutes ses formes et son évolution parfois si déroutante ?

… à suivre !

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