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19 avril 2013 5 19 /04 /avril /2013 22:47

 

Avec ses sommets arrondis d'anciens volcans, si nombreux, si denses, qu'il faut impérativement les contourner, pour gagner la vallée voisine, cependant toute proche, à vol d'oiseau !

Avec ses vallées où se nichent petites villes et villages, minuscules hameaux habités de quelques familles, fermes isolées - pas trop cependant, car les hivers sont rudes, froids, neigeux, compliquent la vie, et rendent l'entraide indispensable.

Avec ses plateaux où le vent est roi. Seule une petite église solitaire,  de temps en temps, lui tient tête...

Avec ses maisons de granit dont la nature décline les gris à l'infini : gris perle, gris clairs, gris souris, anthracite, frôlant le noir au point que les bâtisseurs choisissent de cercler les pierres austères et puissantes, de mortier blanc.

Parfois, comme pour tromper son monde, voilà que le granit se donne du beige, du rose même, et toutes les variations de rouille !

 

Avec ses villages perchés où personne ne les imagine, là, à cheval sur une crête, sans doute pour surveiller les vallées, vraisemblablement pour faire payer le passage...

 

Le Cantal a des allures de bout du monde  qui impressionnent, bouleversent et remplissent de joie le voyageur en quête de dépaysement et d'émotions !

 

Parce que l'on ne peut tout dire en un seul article, je me soumets bien volontiers à l'invitation de la Communauté Nature & Patrimoine qui a souhaité que nous partagions avec tous et toutes, les images d'églises ou de chapelles que nous avons glanées dans nos errances touristiques.

J'ai choisi de vous montrer quelques églises typiques du Cantal et de l'Aveyron. 


Cantal-Eglise-.jpg

 

Beaucoup d'églises romanes, dans cette région, dont les contours dépassent largement le département, puisqu'elle englobe aussi bien le sud de l'Auvergne que l'Aveyron, la région d'Entraygues à Laguiole.

Toutes sont remarquables avec leur clocher rectangulaire, pourvu de trois à quatre cloches.

Cantal-Eglise-PESTEILS.jpg 

Détail d'un clocher avec son toit de lauzes.

 

Cantal-Eglise-Region-Entraygues-A-.jpg 

Celle-ci a perdu ses cloches. Elle est petite et son clocher semble bien disproportionné .

 

Cantal-Eglise-Region-Entraygues-B.jpg 

Souvent, le clocher est surmonté d'une élégante horloge qui contraste avec la rusticité de l'ensemble.

 

Cantal-Eglise-fortifiee-.jpgÉglise fortifiée de campagne.

 

Cantal-Eglise--Village-perche.jpg

Village perché, à cheval sur la crête. De chaque côté, un ravin. Sans doute pour décourager, autrefois, d'éventuels assaillants.

 

Aveyron-Eglise-Albinhac-1.jpg

L'église d'Albinhac a été construite vraisemblablement au XVe siècle. Son clocher, sa cloche et le décor intérieur ont été placés sous la protection des Monuments Historiques.

 

Aveyron-Eglise-Albinhac-2.jpg 

Le clocher, massif, rend l'ensemble trapu. Malgré tout, quelques pierres sculptées agrémentent le porche caractéristique, par son emplacement sur le côté.

 

Aveyron-Eglise-Albinhac-4.jpg

 

 

Aveyron-Eglise-Albinhac-3.jpg

Le motif est intéressant avec cette tête composée de trois faces - Quelle en est la signification ? - tout comme la couleur des pierres.

A l'intérieur, l'église est sobre, minimaliste. Mais elle recèle une étonnante curiosité.

 

Aveyron-Eglise-Albinhac-5.jpg   Une sculpture représente, non un   squelette, comme c'est généralement le cas, dans les allégories de la Mort, chères au Moyen Âge, mais un cadavre ! Il se tient debout, une hache dans la main gauche, et non la traditionnelle faux, et retient de sa main droite, les viscères qui s'échappent du ventre.

Cette représentation de la mort, très dérangeante pour nous, au XXIe siècle, n'avait rien de choquant pour les hommes du Moyen Âge, habitués à côtoyer sans cesse la mort, à travers les guerres, les brigandages, les épidémies de peste, les famines, les accouchements, etc. A la fin du Moyen Âge, la décomposition des corps est un thème artistique !

Un autre détail capte notre attention. Regardez la position des jambes : croisées, elles esquissent un pas de danse...

Il s'agit bien d'une danse macabre, que l'on retrouve dans la peinture, la sculpture et même le théâtre, sous la forme de ballets où vivants et "morts" s'agitent en cadence. Ce thème abondamment traité au Moyen Âge, a sans doute été la première notion d'égalité. Il a été illustré dans la peinture plus tard par le graveur Hans Holbein (XVIe), et dans toute l'Europe. Le poète Baudelaire s'en est emparé, en musique, on connait Camille Saint-Saens, Liszt, Chostakovitch et, surprenant, les Rolling Stones !

Nos ancêtres eurent-ils des goûts morbides ? Il est imaginable que certains aient pratiqué la dérision, la meilleure arme contre la condition humaine. Se moquer de sa propre mort, en rire, pour en triompher symboliquement et éloigner l'angoisse !

Les fidèles ne devaient pas oublier (et ne pouvaient pas non plus) la fragilité de la vie, la vanité de tout bien matériel, fusse son propre corps ! et l'impérieuse nécessité de ne pas attendre pour sauver son âme. Ce qui a du les consoler, savoir que la mort faucherait aussi les papes, les rois, les seigneurs, enfin tous ceux qui les opprimaient.

Quant aux artistes, condamnés de fait à traiter presque exclusivement les thèmes religieux - Même Goya, beaucoup plus tard, eut des problèmes avec l'Inquisition ! - il leur a fallu beaucoup de talent pour réaliser de la beauté avec de tels sujets.


Pour terminer, voici une dernière image du clocher d'Albinhac, caché par l'exubérance (la vie !) de la nature en été.

 

Aveyron-Eglise-Albinhac-6.jpg

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Published by morvane - dans Histoire
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16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 21:32

 

Elle se fait un écran de ses cheveux

 

Le-portrait-dissimule-1.JPG


Pour ne pas que l'on sache

            D'où viennent les peurs orageuses

                     Qu'elle contient à peine et lui sont si douloureuses.

 

Le-portrait-dissimule-2.JPG

Elle aimerait les abandonner

           Comme on secoue le sable collé aux jambes

                       En rentrant de la plage.

 

Le-portrait-dissimule-3.JPG

Autour d'elle la vie paraît si tranquille !

            C'est ce qu'elle imagine solitaire

                                Tout à son aveuglement.

 

Le-portrait-dissimule-4.JPG

De quoi se protège-t-elle donc ?

                Sinon du silence qui lui serre la gorge

                               Et lui interdit l'insouciance ?

 

Texte & tableau sont signés par Morvane et protégés par copyright.

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Published by morvane - dans Poésie
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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 17:53

Cet article s'adresse à toutes celles et ceux qui aiment les voitures et plus particulièrement aux élèves du lycée Langevin de La Seyne/mer, section ferronnerie, métiers d'art,  qui ont restauré l'éolienne d'Ollioules - voir mon article 20 - et qui, grâce à la complicité d'une lectrice amie, ont découvert l'article que je leur avais consacré.

Je les remercie vivement pour leurs commentaires enthousiastes !

Ils aiment les voitures, m'a-t-on dit. Eh! Bien, voici quelques voitures américaines, anciennes mais flambant neuves, grâce à leurs propriétaires attentionnés!

Elles ont été photographiées lors d'une exposition au Brusc, petit port de la ville de Six Fours Les Plages, en août 2012. Le succès de l'exposition, le nombre élevé de touristes en cette saison, expliquent largement la difficulté de les avoir en entier, d'autant que les Américains sont célèbres pour leur goût de la démesure !

  Americaine-1.jpg

    Cadillac Coupé DeVille (1960) 

 

Americaine-2.jpg

Chevrolet Camaro

 

Americaine-3.jpg 

Cadillac Coupé DeVille

 

Americaine-4.jpg

Cadillac Eldorado (1975)

 

Americaine-5.jpg

Ford A des années 1930.

 

Americaine-6.jpg

La voiture du shérif était en 1970 une Ford Crown Victoria.

 

Americaine-7.jpg

Voici une voiture de course Pontiac Trans Am (Trans-América)

 

Americaine-8.jpg

Encore une Cadillac mais verte, cette fois !

 

Americaine-10.jpg

Camionnette Chevrolet à suspension à vérins, façon shopper, revue par les Mexicains (1950)

 

Americaine-11.jpg

Cabriolet Buick convertible, années 1950.

 

Americaine-12.jpg

Une autre Cadillac Eldorado, 1969.

 

Americaine-13.jpg 

Enfin, une A C Cobra Shelby.

 

J'espère que cette petite promenade vous a plu.

Si vous aimez les voitures, des plus anciennes aux Formules 1, si vous vous intéressez à l'histoire de l'automobile, alors ne manquez pas d'aller découvrir le Musée de l'Automobile de Mulhouse (Alsace). Vous ne serez pas déçus !

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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 17:37

 

Après l’extraction de l’ocre de Provence, voici le travail des hommes pour obtenir les couleurs. Je vous invite à une promenade dans l’ancienne usine MATHIEU, réhabilitée aujourd’hui par la S.C.I.C. OKHRA en un « CONSERVATOIRE des OCRES ».
01-Conservatoire-des-ocres.jpg
Un cadre accueillant pour les visiteurs et les stagiaires.

En 1921, Camille MATHIEU fit construire l’usine qui fonctionna jusqu’en 1963.
Elie ICARD y travailla dès l’âge de 14 ans, comme laveur, mineur puis contremaître. Il supervisa le démontage des moulins en 1954.

En 1994, véritable mémoire de l’usine, il fut sollicité pour participer à la renaissance de l’usine. C’est grâce à lui que nous pouvons nous représenter le processus de fabrication des ocres, tel qu’en 1942. 

1994 est aussi l’année de création de la coopérative OKHRA. D’abord association, elle s’était donné pour but de faire revivre ce patrimoine. Conserver la mémoire, oui. Pas seulement ! Transmettre aussi les savoir-faire. D’où le terme « conservatoire » plutôt que « musée ».

Toute personne, quel que soit son âge, individuellement ou collectivement, par goût ou dans un but professionnel, peut être initiée ou se perfectionner au moyen de stages animés par des intervenants compétents. Fabriquer soi-même sa propre peinture ! Acheter toutes sortes de couleurs d’ocre, du matériel de peinture, des livres. Recevoir éventuellement des conseils pour créer sa propre coopérative…etc.
En 2005, l’association est devenue Société Coopérative d’Intérêt Collectif. Elle reçoit 30 000 visites par an et dispense 300 journées de formation.
 
Mais, reculons de quelques dizaines d’années pour comprendre ce que fut le travail des ocriers.
 02-Dans-l-usine-Mathieu.jpg
Nous entrons par l’arrière de l’atelier de l’ocre jaune où nous reviendrons plus tard. La visite est soit guidée, soit libre. Le parcours nous emmène sur les lieux qui correspondent aux différentes étapes du travail.
03-Le-vieux-magasin.jpg
Le vieux magasin.
04-L-Atelier-d-ocre-rouge.jpgL'usine d'ocre rouge transformée en salles d'exposition.
Le parcours se divise en deux parties : la première concerne le traitement des blocs bruts d’ocre, après leur extraction des mines ou des galeries à ciel ouvert. La deuxième nous conduira dans les ateliers où se passait la transformation de l'ocre en produit fini et son acheminement vers la clientèle. 
  On commençait d'abord par broyer et laver les blocs composés en grande partie de sable pour en extraire l'ocre, dans le malaxeur ci-dessous.
05-Broyage-des-roches.jpg
Puis, la « boue » obtenue était envoyée dans la rigole suivante appelée "batardeau"où elle était arrêtée brusquement, ce qui créait des remous destinés à  empêcher sable & ocre de se ressouder. Là, le sable, plus lourd, se déposait. L'ocre plus légère restait en suspension dans l'eau.

06 Dépôt sable
    
Le moment venu, l’ouvrier enlèvait les « bouchons » de bois en commençant par le haut, pour permettre à l’ocre de s’écouler dans le "reposoir". (Bassin plus petit qui permettait de purger l'ocre, des résidus de sable les plus fins).
07-Le-Reposoir.jpg
Dans la phase suivante, l’ocre était dirigée dans un bassin de décantation, durant l'automne et l'hiver où elle se déposait pendant la nuit. Le matin, les ouvriers retiraient les bouchons et l'eau était récupérée en contrebas. Au printemps, ils  pré-découpaient les mottes. Enfin, au début de l'été, les mottes étaient extraites et mises à sécher au soleil. Le site est maintenant très ombragé, mais il faut l'imaginer sans arbres, car il fallait un maximum de soleil ! 
08-Decantation.jpg
  Une fois sèches, les mottes étaient acheminées vers le four. L’action chimique de la température joue un rôle dans l’obtention des couleurs. C’est pourquoi il y avait une usine pour l’ocre rouge et une pour la jaune.
09 Le Four
Voici le four. La photographie suivante montre les ouvriers au travail, en train de préparer la cuisson.
10-Cuisson-des-mottes.jpg 
L'ouvrier plaçait les mottes en quinconce. Cette opération occupait beaucoup de main d'oeuvre, comme on peut le voir.
11 Les ateliers
L’usine du jaune. Ici, l’ocre allait subir toutes les phases : du broyage à l’empaquetage. Elle quittait alors l’usine pour être envoyée aux acheteurs du monde entier.
12-Mottes-d-ocre.jpg Une fois cuits, les blocs attendaient d’être concassés et pulvérisés.
13 Broyeur à gauche
   
14-Broyage.jpg15-Tamisage-plan.jpg  
Schémas du broyage et du tamisage, indispensables, vu l’état des vestiges des machines !
16-Machine-a-tamiser.jpgLe tamisage.
17-Remplissage-sacs.jpgLe conditionnement en sacs ou en tonneaux
18-Le-Compactage.jpgLe compactage.
Une fois conditionnée, l’ocre quittait l’usine en chemin de fer...
19-Wagonnets.jpg
... ou en camion.
20-L-Antique-camion.jpg
Aujourd’hui ?
De nombreux facteurs donnent à penser que l’ocre, matière naturelle, peut effectuer un retour bénéfique aux hommes et à l’environnement.
D’une part, on voit ce qu’il en coûte de subir les excès de l’industrie chimique et du profit aveugle.
D’autre part, la recherche des moyens de lutte contre la pollution (on sait que l’ocre ne pollue pas et que les grandes quantités d’eau nécessaires sont récupérées), la législation du travail en matière de sécurité du travail (les poussières autrefois respirées sont maintenant aspirées par des machines), rendent l’exploitation beaucoup moins dangereuse, aujourd’hui.
Par ailleurs, l’élévation global du niveau de vie qui, malgré les crises, a transformé nos maisons et nos villes, nous permet de nouveaux désirs d’ordre esthétique, entre autres, comme ceux de décorer, peindre nous-mêmes nos lieux de vie.
La synthèse existe déjà puisque pigments naturels et pigments artificiels ont des qualités complémentaires et sont déjà travaillés ensemble.
Enfin, n’oublions pas que le développement de l’exploitation des ocres donne vie à une région en créant des emplois.
Comme j’ai eu l’occasion de le dire dans l’article précédent, vous trouverez d’abondantes informations sur le passé, le présent et même l’avenir de l’ocre, sur le net. J’ajoute le site de la société OKHRA qui s’exprime longuement sur sa démarche, y compris sur ses statuts. www.okhra.com
 
 
 
 
 
 
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16 mars 2013 6 16 /03 /mars /2013 10:10

 

L’ocre, qui se décline du rouge sombre au jaune safran, fut sans doute une des premières couleurs à être utilisée par les artistes de la Préhistoire. Elle est présente dès le début, dans les peintures rupestres. Les Romains l’ont exploitée. Au Moyen Âge, elle a permis la peinture de nombreuses fresques et décoré nombre d’églises et de cathédrales… Aujourd’hui, elle ensoleille les maisons, illumine les bois et les céramiques, jusqu’au visage des élégantes, car elle est présente dans les fards et les poudres !

 

Je vous invite à voyager au coeur du pays des ocres de Provence, en particulier celles de la région d'APT, dans le Vaucluse.

Je vous conduirai sur le site impressionnant des carrières de BRUOUX, puis au coeur de l'usine MATHIEU, désaffectée aujourd'hui. Quoique...

 

 Apt. Région des Cheminées de Fées

  Paysage du nord-ouest de la ville d'Apt. on y distingue derrière les pins, de belles "cheminées de fée" rougeoyantes.

 

Dans le Lubéron, l'ocre a été exploitée à ciel ouvert et dans les mines. Elle exigeait beaucoup de main d'oeuvre et de temps, comme on le verra plus tard. Aussi l'essor de l'industrie chimique lui porta un coup sévère.

 

Aujourd'hui, elle est beaucoup moins exploitée et les entreprises ont dû, pour continuer d'exister, se moderniser et diversifier leurs produits.

La complémentarité des pigments naturels dont la qualité est de mieux résister à la lumière, et des pigments de synthèse obtenus par réaction chimique, qui ont l'avantage d'avoir un grain plus fin, permettent d'espérer un avenir positif. Les deux ont la particularité de se mélanger parfaitement entre eux, donnant d'infinies nuances.

D'autant plus que l'on sait que l'ocre ne pollue ni les hommes, grâce au filtrage maîtrisé des poussières, ni la nature, pas plus qu'elle ne nuit à l'environnement. Les grandes quantités d'eau nécessaires sont pompées et réinjectées dans le circuit.

Comme quoi tradition et progrès ne sont pas forcément antinomiques.

La curiosité et l'admiration des touristes permettent, par la manne conséquente qu'ils amènent, non seulement la conservation de la mémoire, mais de nouvelles activités comme celles du Conservatoire des ocres.

 

Bruoux.-La-Mine-d-ocre.jpg

Arrivée sur le site de BRUOUX.

 

Entree-de-la-visite.jpg

C'est ici que l'on entre dans le royaume d'Hadès !

Plus d'un a dû y penser en creusant du matin au soir, dans la quasi obscurité et le froid, s'efforçant d'oublier la peur qui déchire, à l'idée des possibles effondrements ! Et les blocs lourds qu'il faut détacher sans les lâcher, sans les laisser écraser, briser, anéantir le corps des hommes !

 

De 1880 à 1950, dans ces hautes falaises-là, des hommes ont creusé à la main, à l'aide de simples pics, pioches et pelles, à la lumière des lampes à huile d'olive d'abord... Oui ! Parce qu'elle éclaire mieux et dégage moins de fumée, puis des lampes à carbure, une quarantaine de kilomètres (certains disent cinquante.) d'immenses galeries - j'ai envie de dire "nefs" - larges de 3 mètres et hautes de dix à quinze mètres.

Cathédrales ! Pas pour célébrer Dieu, mais la Nature qui nourrit et meurtrit à la fois, depuis toujours.

 

La-Porte-des-Enfers.jpg

Derrière cette porte, il nous faudra suivre les petites Perséphone que sont les guides, armées de puissantes torches et sures d'elles. Tant mieux !

 

La visite est très encadrée. Pas question de faire cavalier seul (on comprend vite qu'il faut suivre le groupe de près), ou de prendre des photos ! Nous resterons donc sur notre faim, mais il y a de bonnes raisons à cela.

D'abord, il y fait sombre. Très sombre même. Des veilleuses ponctuent le parcours et il n'est pas rare de s'adresser à un inconnu, croyant parler à son conjoint ! Et si le parcours de 650 mètres environ est sec, on devine plus qu'on aperçoit quelques bassins remplis d'eau, qui n'incitent pas à la baignade !

La visite est donc guidée. Chacun reçoit un casque, dès fois que... et un N.U.M.E.R.O. ! Il est vrai que l'imprudent qui éprouverait une forte bouffée d'individualisme et ferait EXPRES de se laisser distancer, par exemple pour faire quelques photos en douce! - difficile tout de même, car les guides ont l'oeil ! - connaîtrait la frayeur de sa vie, en cherchant son chemin dans les quarante kilomètres  de galeries et la pénombre.

A la sortie, le compte doit être bon !

 

Orphee-ne-revient-pas-seul-.jpg

Par ici, la sortie ! Orphée ne revient pas seul !

 

Un peu d'histoire :

- 1785 : Jean Etienne Astier découvre comment séparer l'ocre du sable. Il sera le premier fabricant d'ocres. L'exploitation de Gargas durera jusqu'en 1848. A cette époque, les blocs étaient transportés à dos d'âne, dans des couffins appelés "bannées".

- 1877 : La création des chemins de fer permet d'acheminer plus facilement l'ocre à Marseille, et de là, dans le monde entier. Marseille reçoit d'ailleurs les ocres d'autres régions de France, notamment de l'Auxerrois et de la Bourgogne.

- XIXe siècle : Le pays d'Apt compte une centaine de carrières et 25 usines qui emploient de nombreux ouvriers, jusqu'aux paysans qui complètent leurs revenus, l'hiver, en portant aux usines l'ocre ramassée sur leurs terres.

- 1928 : La production s'élève à 40 000 tonnes dont 90% sont exportées.

- 1938 : La production divisée par deux signe le début du déclin.

- 1974 : Au bord de la ruine l'usine est rachetée et prend un nouveau départ.

- De nos jours, la production atteint 1300 tonnes environ par an.

 

Les utilisations de l’ocre sont nombreuses et surprenantes pour un néophyte. En effet, elle sert à la fabrication des peintures, dans le bâtiment (enduits de façade, peintures du bois, du fer, même sous-marines, en décoration intérieure, comme épaississant (fabrication du linoléum),  toiles cirées, céramique, cartons, colles et même en pharmacie. Elle est aussi la matière préférée des artistes peintres en herbe ou professionnels !

 

Outils-traditionnels.jpg

Des outils traditionnels

 

 

Tonneaux---Blocs-d-ocre.jpg   

Faute d’une petite mise en scène dans la mine, une exposition composée d’outils, de photographies, de blocs bruts arrachés à la terre, se laisse regarder à l’issue de la visite. On peut aussi acheter des pots d’ocre de différentes couleurs.

 Theatre-naturel.jpg

Le site permet aussi d’apprécier des spectacles et de profiter d’une halte, agréable aux promeneurs, dans le sous-bois.

Une-halte-ombragee.jpg

 

Après avoir évoqué l’extraction, nous suivrons le traitement de ces blocs jusqu’à l’obtention des couleurs définitives. A quelques kilomètres, sous les pins, au Conservatoire des Ocres.

Vers-St-Saturnin.-Paysage-d-ocre-de-Provence.jpgSur la route de Saint-Saturnin

 

La richesse du sujet et la quantité des photos m’obligent à traiter la visite suivante en une ou peut-être deux fois. Effectivement, comme il s’agit d’un processus de fabrication, le respect des étapes est indispensable à la compréhension.

J’aurais le plaisir de vous retrouver dans un avenir très proche.

Pour plus d'informations sur la formation de l'ocre et la région du Lubéron, consulter :

  • L'article de Jean Marie Triat (Université d'Aix-Marseille) sur la formation géologique.
  • Le site ocres-de-france.com à propos de la fabrication de l'ocre et des questions relatives à l'environnement et à la pollution.
  • Les sites des entreprises et des collectivités locales et régionales.
  • Wikipédia.
  • Mais le mieux est encore d'aller voir de ses propres yeux ce site où la nature donne tant à l'homme, depuis si longtemps. Pour ce faire, je vous invite à consulter le site de la région elle-même : http://luberon.fr/tourisme/balades/randonnees/annu+sentier-des-ocres-de-roussillon+3821.html

 



 

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 22:51

 

Voyager dans un univers numérique abstrait, composé de lignes de points et de lettres où le spectateur devient lui-même, par le jeu de l'interactivité et le talent des auteurs, acteur de ses propres visions.

Occuper l'espace de son corps, avec ses mains pour déclencher des vagues de figures géométriques et de lettres lumineuses. Marcher sur des tapis de lignes qui deviennent ricochets, collines ou cratères. Danser et s'enrouler sur soi jusqu'à devenir ruban, écharpe virevoltante, aurore boréale !

C'est l'extraordinaire voyage virtuel auquel nous ont conviés Adrien MONDOT et Claire BARDAINNE, en février 2013, à L'HÔTEL des ARTS, Centre d'Art du Conseil Général du VAR, à TOULON.

 

XYZT-01--Hotel-des-Arts-Toulon.jpg

 

XYZT : Ces quatre lettres servent à décrire, dans le langage mathématique, le mouvement d'un point de l'espace. X désigne l'horizontalité, Y la verticalité, Z la profondeur et T le temps.

Adrien Mondot et Claire Bardainne ont choisi de nous montrer que la force descriptive et abstraite des mathématiques peut aussi être un outil de recherche créative, à la condition de s'affranchir de la démarche technique et scientifique, afin d'appréhender la matière sous un autre angle.

Entre le réel et le virtuel, l'imaginaire du mouvement peut se déployer.

Le visiteur se promène, dans la pénombre, d'une salle à l'autre et ses découvertes sont plus ou moins dépendantes de lui. Ici, il doit souffler pour faire jaillir des lettres et formes géométriques lumineuses, de tailles différentes, dans d'étranges aquariums.

 

XYZT-02-Hasard-coincidence.jpg

"Hasard coïncidence"

 

Là, il faut caresser le mur sur lequel sont projetées des particules noires. Aussitôt, les voilà qui se mettent à danser au gré de vos gestes, s'écartent, se rejoignent par-ci, par-là, libérant des espaces de lumière, comme l'arbre sous le vent laisse entrevoir le ciel.

Dans un couloir, un tapis de lignes parallèles vous barre le passage. Impossible de l'enjamber ! Vous le traversez et c'est l'enchantement ! Sous vos pas, il se déforme, il ondule, il se creuse. Retournez-vous, traversez-le en tous sens ! Vous franchissez alors collines et cratères. Vous marchez sur les nuages!

 

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"Anamorphose spatiale"

 

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"Nuées mouvantes"

 

XYZT-05-Nuees-mouvantes.jpg

"Nuées mouvantes"

 

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"L'homme chauve-souris"

 

Autre tapis à franchir, où les lignes ressemblent à de longs cheveux que nos pas décoiffent au fur et à mesure de nos déplacements.

 

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  "Champ de vecteurs"

 

XYZT-08-Paysages-abstraits.jpg

"Paysages abstraits"


Il faut ensuite s'immerger dans un océan éblouissant de lettres lumineuses, sautillantes et gaies. Bien malin qui prétendrait en écrire poème, proverbe ou simplement mot ! Elles se jouent littéralement de nous...

 

XYZT-09-Paysages-abstraits.jpg

"Paysages abstraits"

 

Voici la salle de bal. Lieu où le plaisir est palpable. Sans doute car ici, le corps tout entier participe. Plus il bouge, plus il porte d'amples vêtements, plus il tourne sur lui-même selon une valse lente - en effet, il faut pouvoir se regarder ! - Et plus il se déforme, s'enroule sur lui-même, se vrille. Un couple de danseurs n'en fait qu'un !

 

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"Anamorphose temporelle"

 

XYZT-11-Anamorphose-temporelle.jpg

Comment on obtient la déformation.

 

XYZT-12-Anamorphose-temporelle.jpg

  "Anamorphose spatiale"

 

Autre jeu interactif  où les lettres cherchent à échapper à l'effleurement des mains.

 

XYZT-13-Lettres-lumineuses.jpg 

"Lettres lumineuses réagissant au toucher"

 

"Avec l'exposition XYZT, Les Paysages Abstraits, c'est une expérience plastique sensible, mettant en jeu le corps du visiteur qui est proposée, se plaçant ainsi sur un territoire à la frontière entre arts plastiques et arts vivants."

Le spectateur rencontre une matière virtuelle numérique vibrante, éphémère, mobile, inscrite dans le temps et dans l'espace, qui lui ouvre par le geste, le souffle, pas à pas, le passage du Rêve et de la Poésie.


 

Présentation (très) sommaire des auteurs : 

- Adrien MONDOT : Informaticien, jongleur, danseur. Etudie trois ans à l'Institut National de Recherche en Informatique et en Automatisme (INRIA) de Grenoble. Crée en 2004, la compagnie Adrien M. et présente "Convergence 1.0", spectacle où il mêle informatique et jonglage. Crée son logiciel eMotion, outil de création numérique (écriture du mouvement). Obtient le Grand Prix du Jury lors de la compétition internationale "Danse et nouvelles technologies". Collabore avec de nombreux artistes, chorégraphes, danseurs, musiciens. On trouve beaucoup d'informations sur ses activités sur le Net.

- Claire Bardainne : Artiste plasticienne, diplômée de l'Ecole Estienne, exploratrice des va-et-vient entre l'imaginaire et le réel.

- Adrien M & Claire B : Rencontre en 2010. Co-signent l'oeuvre interactive "Sens dessus dessous". Fondent la compagnie qui porte leurs noms. Créent l'exposition "XYZT, Les Paysages Abstraits" et le spectacle "Un point c'est tout", présenté au Théâtre Liberté de Toulon, à l'occasion de l'exposition, de l'Hôtel des Arts.

Si ces artistes présentent un spectacle dans votre région, ne le manquez pas ! Vous serez charmés par la nouveauté et la poésie de leurs oeuvres !

De plus, c'est un régal pour les enfants !

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10 février 2013 7 10 /02 /février /2013 18:31

Les élèves de la section Ferronnerie d'art du Lycée Langevin de La Seyne sur Mer à l'honneur !


Ollioules-mairie.jpg

Une jolie petite ville du Var tout près de Toulon.


Samedi 2 février 2013, les élèves de 2e année de CAP ont reçu des mains de M. le Maire d'Ollioules un diplôme destiné à marquer la gratitude de la ville envers ces jeunes qui, sous la conduite de leurs professeurs ont permis la restauration d'une ancienne éolienne.


Remise-des-diplomes.jpg


Cette classe destinée aux élèves de 3e, en difficulté avec les enseignements traditionnels de collège leur permet par l'apprentissage de ce métier d'art et une pédagogie de la réussite, d'exprimer leurs potentialités et de se remotiver pour progresser dans les enseignements généraux.

Leur formation n'est pas seulement technique, mais également artistique puisqu'ils bénéficient d'un enseignement d'histoire de l'Art.


Notice-explicative.jpg

On peut voir l'ancienne éolienne, professeurs et élèves au travail, puis les lycéens devant leur oeuvre terminée à l'atelier, enfin une partie des personnes qui ont rendu possible le projet.


Refaite à l'identique à partir de vieux croquis et de quelques pièces rouillées et tordues, elle s'est offerte à l'admiration de tous, avant de gagner sa destination définitive, au Parc de La Castellane.


Eolienne-entiere.jpg


Cette réfection s'inscrit dans un long partenariat entre le lycée Langevin et la municipalité d'Ollioules puisque des classes de menuiserie et de ferronnerie d'art ont déjà reproduit à l'identique des roues de moulin pour le moulin de Palisson.


Les-eleves-a-l-honneur.jpg

Un diplôme qui apportera, incontestablement, un plus dans leur future recherche d'emploi.

 

Eolienne-Detail-1.jpg

Ce que la Nature fait est beau. Mais ce qu'elle ne peut faire, l'homme le crée avec brio, n'est-ce pas ?


L'avantage pour les élèves est de participer à un vrai projet patrimonial, beaucoup plus motivant et valorisant qu'un simple exercice pédagogique. Il auront la fierté de voir fonctionner "leur" éolienne au Parc de la Castellane.

D'autre part, tous les deux ans, ces sections et leurs professeurs animent les journées  des Métiers d'art, sur la Place Puget,où chacun peut admirer leurs savoir-faire.

 

Eolienne-detail-2-axe.jpg

Par le jeu des lignes droites, des courbes, des cercles, par le scintillement grisé des pales métalliques, l'éolienne qui porte déjà en elle la force de l'antique Dieu Eole - Qui en douterait ? - n'est plus seulement outil, ni machine. La main des hommes, guidée par l'esprit, en fait une oeuvre d'Art.

 

Mais

Comme la Nature aime toujours avoir le dernier mot,

Jalouse,

Furieuse d'avoir perdu la vedette ce jour-là,

Elle s'est ruée -Emeraude, une fois n'est pas coutume - échevelée d'écume

Contre  les rochers du Cap Nègre.

Du coup, la batterie dont je vous avais parlé dans "La philosophie n'a pas d'âge"

Eut l'air de s'enfoncer pour se mettre à l'abri des embruns !

 

Mer-et-batterie-CN.jpg

La Méditerranée, vue de la plage de la Coudoulière, à Six-Fours-les-Plages.


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3 février 2013 7 03 /02 /février /2013 21:33
Rodin le penseur

Longtemps réservée aux privilégiés des classes terminales, la philosophie concerne tout un chacun. Nombreux sont  celles et ceux qui ne supportent plus d'en avoir été écartés et qui souhaitent être initiés à... ce savoir?... cette façon de vivre?... ce bonheur?... Au fait, quoi exactement?

Je vais tenter, à l'aide de mes connaissances, de mon expérience et de mes réflexions, d'apporter un éclairage personnel à cette passionnante question.

 

 

Vous avez bien dit "Philosophie"?

Aussitôt, certains tournent la tête, comme on se détourne d'une chose qu'on ne veut pas voir, comme on met ses mains sur les oreilles pour ne pas entendre. Ou bien, à l'idée d'une chose ennuyeuse et terriblement compliquée, qu'il vaut mieux éviter ! Souvenir peut-être de dissertations IN-TER-MI-NA-BLES, à ne pas savoir quoi dire, sauf qu'il faudra en écrire quand même quelques pages !

D'autres ont goûté le nectar, il y a longtemps. Très longtemps. Ils lèvent haut les sourcils, grimacent une moue perplexe, laissent dériver loin le regard... au souvenir potache d'une discipline insaisissable, subtile, infinie, séduisante et ardue, essentielle... mais hélas oubliée. C'est la vie !

D'autres encore ironisent : la philo ? Des choses à dormir debout, intelligentes, certes ! Mais que de cheveux coupés en quatre ! Concepts à désespérer les neurones les plus acharnés.

Raison torturée.

Méninges suppliciées.

En cherchant les preuves de l'existence de Dieu, Descartes, croyez-le si vous voulez, moi je l'écris en lettres rouges : Descartes m'a tuer...

Est-ce que je me trompe ?

Et maintenant, si on faisait un petit rappel ? Histoire de voir si la philosophie, c'est utile ou pas du tout ? Recommandable ou non ?

Alors, Êtes-vous prêts à continuer ?

 

Précision : Autant vous dire tout de suite que je n'ai pas l'intention d'empiéter sur le domaine des "pros" de la philosophie, universitaires, écrivains - je les citerai à l'occasion et les coucherai dans ma bibliographie. Cela ne veut pas dire que je m'autorise à écrire n'importe quoi - je vérifierai mes affirmations et signalerai mes doutes. Avant tout, comme dans l'ensemble de mes articles, je me revendique "dilettante" au sens positif, à savoir quelqu'un qui s'intéresse à tout, sérieusement, mais qui, de ce fait, ne peut être spécialiste de tout. C'est pour cette raison que je suis ouverte à la critique. Alors, ne vous génez pas !

 

Va pour les grands mots : Qu'est-ce que la philosophie ?

Ou si vous préférez les mots de tous les jours : La philosophie, c'est quoi ?

Commençons par le plus simple. Si je vous dis "philosophie", vous pensez à ...

  • Des mots. Des mots que l'on croit connaître si bien que cela ne nous vient même pas à l'idée de les chercher dans le dictionnaire : la morale, (même l'éthique est devenue familière de nos jours), la connaissance, la réflexion, l'engagement, la vérité, la liberté, la justice, etc. D'autres, par contre, qu'on ne sait par quel bout prendre : la métaphysique, l'essence, la transcendance, l'ontologie...
  • Des formules, des phrases étonnantes : "Soi-même comme un autre"... ou bien "Il n'est pas certain que tout soit incertain"... ou encore "L'homme est un animal métaphysique"...
  • Des savoirs. Immenses. La philosophie englobe tout, a réponse à tout. il n'y a pas un domaine dans lequel elle n'ait mis son grain de sel. et pourtant, elle doute en permanence. Elle prend d'énormes précautions pour poser les problèmes, pour dire les choses !
  • Des attitudes. pour réfléchir, il faut du temps. La philosophie nous invite à penser. réfléchir. revenir à soi. Et pour cela, cesser de s'agiter, s'arrêter et même se retrancher du monde. La Tour d'ivoire !  Celle de Montaigne, du moins sa "librairie", c'est-à-dire sa bibliothèque. On peut la visiter dans la région de Bordeaux dont Montaigne fut maire, au XVIe siècle. La pensée ne fait pas spontanément bon ménage avec l'action, hormis pour certains penseurs "engagés". elle serait un obstacle à l'action qui, souvent n'attend pas. D'ailleurs, quand quelqu'un réfléchit longtemps et n'arrive pas à se décider d'agir, se perd à peser le pour et le contre, hésite sans fin devant le choix des possibles, on entend : "Tiens! Sûrement un philosophe !"
  • Des vérités ou du moins des évidences : "Je pense, donc je suis" (Descartes). des affirmations surprenantes au premier abord : "je sais que je ne sais rien" (Socrate).

Socrate-et-ses-disciples-jpeg

Le sculpteur anglais Harry Bates, en 1883,  a représenté Socrate, entouré de ses disciples,  sur ce bas-relief en marbre.

Et le philosophe ?

           On le voit comme le maître des mots. il n'a pas son pareil pour déceler les plus subtiles nuances du langage? il parle très bien, quoiqu'on ait souvent du mal à suivre sa pensée, car il aime faire de grands détours pour prouver des idées simples. Vous vous souvenez sans doute de de cet humoriste plein de talent, Pierre Desproges. il avait dit dans un de ses spectacles :

"Quand un philosophe me répond, je ne reconnais plus ma question !"

Il est vrai que le philosophe a toujours le dernier mot, parce qu'il possède l'art de poser de nouvelles questions; il a le courage de se remettre en question et nous amène à en faire autant pour apprendre à nous connaître.

Le célèbre Socrate, au IVe siècle avant J.C. a payé cet art de sa vie ! Par ses questions, il poussait ses adversaires dans leurs derniers retranchements, jusqu'à ébranler leurs certitudes. Sa méthode, qu'on appelle "la maïeutique" consistait à "accoucher les esprits", autrement dit à leur apprendre à se servir de la raison pour penser juste. Inutile de préciser qu'il s'est fait un paquet d'ennemis ! En effet, les "grands esprits athéniens" qui prétendaient posséder le Savoir, ne pouvaient tolérer Socrate qui les mettait sans cesse en défaut, en démontrant leurs contradictions et leur vanité, lui qui affirmait avec modestie : "Je sais que je ne sais rien!" Hélas! Ils ont fini par l'accuser de corrompre la jeunesse par son enseignement et l'ont condamné à mort.

Dans cette première exploration, je vous ai proposé d'évoquer un certain nombre de clichés, voire de préjugés que nous avons. Chacun se représente ce concept selon sa culture, son degré d'études, ses observations... Il y a cependant du vrai. Mais, il reste beaucoup à faire pour cerner notre problème. Il faut aller plus loin.

Ce sera le sujet de notre prochaine étape.

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25 janvier 2013 5 25 /01 /janvier /2013 21:45

 

Il dit à l'arbre d'accueillir l'oiseau.


Mais l'arbre refuse car il rêve d'onduler comme l'algue.

 

L-arbre-revait-d-etre-une-algue.jpg

 

Il dit à l’arbre d’arrêter le vent.


Mais l’arbre le supplie de n’en rien faire


Car il aime sa chevelure ébouriffée qui effleure le sol mouillé


D’automne.

 

Saule-ebouriffe.jpg

 

 

Il dit à l’arbre de se faire un rempart d’écorce


Pour se protéger du gel dévastateur.


Mais le vieux saule préfère le labour de la bise dans ses flancs,


A l’écharpe rugueuse.

 

 

Le-vieux-saule.jpg

 

Il dit à l'arbre de s'affranchir de la falaise


Qui l'enchaîne et le prive du soleil.

 

Oasis.jpg

 

Mais le palmier par-dessus tout craint le désert.


Et tandis que le sable alentour étouffe la nature, lui


Frissonne au contact de la source fraiche.

 

Miroir-aquatique.jpg

 

 

Il dit à l’arbre

 

Il dit à l’arbre

 

Il dit à l’arbre…

 

Palmier-solitaire.jpg

J’ai peur !

 

De ne plus entendre l’oiseau s’ébattre dans les petites flaques

 

J’ai peur !

 

D’être le dernier arbre vivant

 

Quand le monde minéral aura Tout absorbé !

 

 

Morvane. (copyright)

 

  Les trois premiers arbres ont été photographiés au lac de Thorenc, dans les Alpes Maritimes.

  Les suivants, dans une oasis de la région de Tozeur, en Tunisie, en décembre 2009.

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11 janvier 2013 5 11 /01 /janvier /2013 17:26

 

Nul doute que nos ancêtres hirsutes, observateurs de génie, à l’imagination débordante et désireux d’améliorer le sort de l’humanité par l’invention de la roue, ne soient tombés en admiration devant cette forme parfaite que les Dieux leur avaient cachée, tout comme le feu à Prométhée !

Nul doute qu’une fois la roue découverte, ils aient agité vigoureusement leurs neurones – sans savoir qu’ils en possédaient - comme M. Jourdain plus tard fit de la prose ! – et découvert les prémices des lois de la géométrie, de la physique, de la mécanique et de toutes les autres sciences et techniques !

Divine roue ! Je vous laisse imaginer la joie des premiers qui ont dévalé les collines et les montagnes, dans un sens ou dans l’autre, rêvant déjà au fabuleux destin de cette chose qu’ils avaient créée de toutes pièces. Brouettes, chars, carrosses, trottinettes, bicyclettes, automobiles, trains, soucoupes volantes, montgolfières, spoutniks…

Nul doute qu’ils aient frimé devant les yeux admiratifs de leurs belles ébouriffées ! Une si belle invention technique ne pouvait qu’être esthétique !

Ainsi l’art et la technique sont nés ensemble. Rien d’étonnant à ce que les salons d’exposition et musées de l’automobile aient autant de succès. Rien d’étonnant à ce que les artistes, peintres, sculpteurs n’aient investi ce domaine si riche, si propice à l’imagination, et au détournement.

Le Conseil régional du Var et l’Hôtel des Arts de Toulon l’ont bien compris qui offrent au public une belle exposition, jusqu’au 20 janvier 2013, sur le thème : « L’Automobile dans tous ses états ».

Quelques constructeurs ont prêté des maquettes, des bouchons de radiateurs. Des artistes ont détourné, transformé, magnifié l’automobile et ses composants, fusionnant l’art et la technique.

Je vous invite à découvrir une petite partie de cette exposition qui a pour sous-titre : « Les artistes et les voitures ».

 

Vehicules 0013 copie

"Maquette de la voiture de Sébastien Loeb". 2003. Fabriquée par la Société Everfeld.

Collection Citroên Héritage.

 

  Vehicules 0019 copie

 

"Les Tubulures peignées par le vent" de Loïc DUBIGEON. 267x156cm.

Collection Hervé Poulain, Paris.

 

Vehicules 0024 copie

"Moteur en coupe Citroên 2CV"

Collection Citroën Héritage.

 

Vehicules 0026 copieARMAN : "Accumulations Renault" 1968/1969. 147x144cm.

Collection particulière New York.

 

Vehicules 0030 copie

"Integracion concreta de lo destruido 94B" : Salvador SORIA.

Collection particulière Espagne.

 

Vehicules 0062 copie"Compression"  du sculpteur CESAR.

 

Vehicules 0063 copie

"Le Requin" de l'artiste YONG HO JI, réalisé avec des pneus usagés.

 

Vehicules 0070 copie

Peter KLASEN : "Alarme". 2012. 144x215cm. Acrylique sur toile.

Collection particulière Vincennes.


P.-Klasen-Inhalation-Hazard-Acryl.-sur-toile.jpgPeter KLASEN : "Inhalation Hazard" 2012. Acrylique sur toile.

 

Vehicules 0075 copie

Gérard CAMBON :  "309" et au loin "Loco blanche". Techniques mixtes.

Collection particulière Bourg la reine.


Vehicules 0090 copie 

Bernard BUFFET : "Citroên 15 CV-1950". Huile sur toile (1984)

Galerie M. Garnier Paris.

 

Merci aux organisateurs de l'exposition, aux constructeurs, aux artistes et aux amateurs d'art de nous avoir permis de rêver !

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  • : Une vraie dilettante ! Tout m'intéresse : les Lettres, les Arts, l'Histoire, les Sciences & les Techniques, les Sociétés & leurs Cultures, la Philosophie...Dilettante, oui, mais pas superficielle ! Car, sitôt qu'un sujet attire mon attention, j'ai envie de l'explorer et d'en savoir le plus. D'où mes recherches. Mais garder ses découvertes pour soi, est vain et égoïste. Aussi, j'aime les partager à travers ce blog. Enfin, j'ai la passion d'écrire. Je suis amoureuse de la langue française et elle me le rend bien par ses innombrables écrivains et poètes.
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