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Le jour où la vallée de la Bourges, en Ardèche, s’est enflammée : La guerre du RAY-PIC.

Si les volcans d’Auvergne sont célèbres aux yeux des Français – ils les ont étudiés à l’école et beaucoup les ont visités grâce à VULCANIA – on connait un peu moins les jeunes volcans d’Ardèche. Pour avoir traversé du nord au sud ce département, l’automne dernier, j’avoue que sans l’accompagnement explicatif du site du RAY-PIC, n’étant pas moi-même géologue, j’aurais traversé le site des cascades du Ray-Pic, en admirant certes le paysage, mais sans en comprendre toute l’histoire.

Je vous invite à me suivre sur les traces des volcans d’Ardèche…

Le jour où la vallée de la Bourges, en Ardèche, s’est enflammée : La guerre du RAY-PIC.

Voici le Mont GERBIER de JONC.

Cette protubérance âgée de 8 millions d’années est le signe d’une ancienne activité volcanique. Avec son allure de « pain de sucre », le dôme de lave solidifiée culmine à 1551 mètres d’altitude. Chaque année, des milliers de promeneurs l’escaladent. Mais il est célèbre surtout pour ses liens avec la Loire, le plus long fleuve de France, qui prend « ses sources » à ses pieds. En effet, trois petites sources se rejoignent pour donner naissance au fleuve.

Il faut compter moins d’une heure pour gravir le sommet du Mont et le redescendre. La promenade vaut le détour, car elle offre un vaste panorama sur les plateaux de la Loire, et le chapelet des sucs. Il parait même, que par beau temps, on peut apercevoir les Alpes.

Nous sommes dans la région des « sucs », autrement dit d’anciens volcans à lave si épaisse, qu’elle a refroidi avant de s’écouler, donnant une roche appelée « phonolithe », de couleur grise dont les Ardéchois ont tiré des « lauzes » pour servir de toitures à leurs maisons.

Le jour où la vallée de la Bourges, en Ardèche, s’est enflammée : La guerre du RAY-PIC.

Ici, un exemple de toiture en lauzes.

Il s’agit de la ferme où une des trois sources de la LOIRE jaillit. Elle est considérée comme la « source véritable », c'est-à-dire officielle. Située sous la ferme de Sagnas, elle sort de terre dans un pré, à 1408 m d’altitude, sous la forme d'un petit filet d’eau. Elle passerait inaperçue, sans l’inscription suivante qui la désigne avec solennité et émotion :

« Ici commence ma course vers l’océan ».

Le jour où la vallée de la Bourges, en Ardèche, s’est enflammée : La guerre du RAY-PIC.

Il y a peu de monde sur la route, en ce mois de novembre 2014, le temps est gris, froid et peu propice au tourisme. Cependant, la nature hivernale exprime une sauvagerie puissante qui force le respect. Quelque chose d’envoutant nous saisit et rien ne nous retient de quitter notre véhicule douillet, pour aller admirer tel point de vue, tel torrent, telle cascade.

Le jour où la vallée de la Bourges, en Ardèche, s’est enflammée : La guerre du RAY-PIC.

Non, rien. Ni le vent, ni la pluie, ni la monotonie des couleurs. Nous courons, frigorifiés et heureux, vers le pont de pierre, la table d’orientation ou le vieux clocher de village, protégeant l’objectif de l’appareil photo de la pluie.

Poursuivant ma route, j’aperçois en contrebas, l’eau vive d’une rivière de montagne.

L’eau qui bondit entre d’énormes rochers est toujours impressionnante, aussi j’entreprends la descente. A mi-parcours, se tient un site tout neuf, une invite à une petite halte.

L’architecture moderne remplit la fonction d’accueil, de découverte et de refuge propice aux rencontres, aux échanges et à la culture. En effet, il nous raconte l’histoire du lieu qu’il nous invite à visiter en suivant le chemin balisé.

Aire d'accueil de la cascade du RAY-PIC
Aire d'accueil de la cascade du RAY-PIC

Aire d'accueil de la cascade du RAY-PIC

Une sorte de préau, construit avec du bois et des pierres de pays, accueille les visiteurs. Dans un coin, une grande table et des bancs qui ne renient pas la rusticité de l’habitat traditionnel de montagne, sont une invitation au partage. Nous sommes sur le site naturel du RAY-PIC.

Nous allons en effet partager de l’émotion (la beauté), de la culture (l’histoire du volcan Ray-Pic ainsi que la géologie) et de l’exercice physique : une promenade balisée et sécurisée permet de s’approcher de la deuxième cascade. D’importants travaux ont été réalisés dernièrement, pour permettre aux 130 000 personnes par an, d’admirer la beauté de ce « Grand site de France » depuis 1931.

Le jour où la vallée de la Bourges, en Ardèche, s’est enflammée : La guerre du RAY-PIC.

Nous sommes dans la vallée de la Bourges, rivière qui saute de cascade en cascade, dans un terrain pour le moins accidenté.

A quelques kilomètres, en amont, les éruptions du volcan RAY-PIC ont bien dû effrayer les hommes de Neandertal qui vivaient ici. A voir le nombre de volcans qui ont laissé des vestiges de leur existence explosive, à travers des cratères envahis par la nature, parfois comblés de lacs, comme celui d’Issarlès, à travers les coulées de basalte, il est facile de se représenter la terreur des hommes, jointe à la beauté de paysages apocalyptiques, alors.

Le jour où la vallée de la Bourges, en Ardèche, s’est enflammée : La guerre du RAY-PIC.

Le volcan RAY-PIC est apparu vers – 78 000 ans. C’est un volcan très original, de type « Maar ».

Ce système s’oppose au type « Strombolien », plus connu. Il consiste en une éruption de surface qui crée un cône presque parfait, au fur et à mesure que les laves, roches en fusion, bombes sont projetées et retombent autour de la colonne. A chaque éruption, le volcan « grandit » d’une couche supplémentaire. Si la lave n’a pas percé de cheminée latérale, il peut avoir la forme d’un cône parfait. En tout cas, c’est ainsi qu’il est schématisé dans les livres.

Dans le type « maar », il y a également une montée du magma, sous l’effet de pressions internes, qui perce la croute terrestre pour se frayer un chemin. Seulement, ici où la région est très arrosée, la lave en fusion rencontre les eaux d’infiltration. Il se produit une explosion violente qui éjecte des morceaux de roches, bombes, poussières, laves, donnant naissance à une sorte d’immense entonnoir. En retombant, les scories s’agglutinent autour du cratère et forment un bourrelet qui refroidit peu à peu. Il arrive un moment, c’est-à-dire des milliers d’années, voire dizaines de milliers, voire plus, où l’activité diminue. Dans l’entonnoir, la lave se solidifie, elle ne descend plus dans la vallée jusqu'au refroidissement final. Cela s’est produit ici.

Un jour, 40 000 ans après les premières éruptions, une fois le Ray-Pic endormi et la lave complètement solidifiée, la Bourges a pu de nouveau se creuser un lit sur le plateau et s’est jetée sous la forme de plusieurs cascades dont l’une fait un bond de 32 mètres.

Le jour où la vallée de la Bourges, en Ardèche, s’est enflammée : La guerre du RAY-PIC.
Le jour où la vallée de la Bourges, en Ardèche, s’est enflammée : La guerre du RAY-PIC.

Nombreux sont les vestiges de l’activité du volcan. Ainsi, d’anciens tunnels de lave, ou le long de la Bourges les caractéristiques orgues basaltiques.

Le jour où la vallée de la Bourges, en Ardèche, s’est enflammée : La guerre du RAY-PIC.

Mais, c’est à Antraigues-sur-Volane, que l’on découvre cet impressionnant autel basaltique, d’où se jette la cascade de l’Espissard.

Le jour où la vallée de la Bourges, en Ardèche, s’est enflammée : La guerre du RAY-PIC.
Le jour où la vallée de la Bourges, en Ardèche, s’est enflammée : La guerre du RAY-PIC.

Le Feu a fait place à l’Eau, tout aussi belle, puissante et fascinante.

« Comme le Feu, l’eau semblait à Oulhamr un être innombrable ; comme le Feu, elle décroît, augmente, surgit de l’invisible, se rue à travers l’espace, dévore les bêtes et les hommes ; elle tombe du ciel et remplit la terre ; inlassable, elle use les rocs, elle traine les pierres, le sable et l’argile ; aucune plante ni aucun animal ne peut vivre sans elle ; elle siffle, elle clame, elle rugit ; elle chante, rit et sanglote ; elle passe où ne passerait pas le plus chétif insecte ; on l’entend sous la terre ; elle est toute petite dans la source…(…)

Ainsi sentait Naoh devant les flots inépuisables. »

Comment ne pas évoquer ici, l’émotion et la fascination des premiers hommes face à l’invincible puissance de la nature, si bien décrite par J.H. ROSNY Aîné dans son roman : La guerre du Feu.

Entre deux sauts, il faut bien se calmer. Puis, dans le vacarme, la course reprend.

Pour en savoir plus :

Je vous recommande la lecture des travaux du géologue Pierre BOIVIN, chercheur au CNRS Université de Clermont-Ferrand :

http//www.sithere.fr/destination-patrimoine/volcanisme-et-géologie.html

Mais aussi :

http//www.volcans-ardèche.com

http//www.ardechedessourcesetvolcans.com

Et, pour les auteurs du préau d'accueil :

http//www.itinerairebis.net

Il y en a beaucoup d'autres, impossible de tous les citer.

 

Merci de votre attention !

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Published by morvane - dans Nature

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