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28 août 2012 2 28 /08 /août /2012 14:42

 

 

Conçu par l'architecte japonais Kenzo Tange et inauguré en 1998, ce petit musée situé près de l'aéroport de Nice, à l'intérieur du Parc Floral Phoenix, offre à ses visiteurs un espace et un moment précieux.

Il semble flotter sur un lac artificiel peuplé d'animaux aquatiques. Cependant il suggère plus qu'il ne démontre les jardins japonais tels que nous les connaissons. Il est vrai que construire un ensemble architectural traditionnel ne présente pas grand intérêt aujourd'hui. On ne construit pas non plus de château fort chez nous ! L'esthétique a changé, les matériaux et les technologies aussi. Les Japonais sont également attachés aux traditions qu'au modernisme. D'où le choix résolument moderne de l'architecte.

 Quoique... les formes géométriques, droites, courbes, cubes, cylindres, traduisent le symbolisme essentiel de la culture nipponne, à savoir le carré symbole de la Terre et le cercle, symbole du Ciel.

 

DSCF7917-copie-L-arrivee.jpg

 

Pourtant, l'ensemble demeure éloigné de l'imagerie habituelle et l'on s'interroge sur ce qui est si proche de la tradition et en même temps si différent. En somme, qu'est-ce qui est ici essentiellement japonais ?

Oui, me direz-vous, ne s'agit-il pas d'un musée des Arts "asiatiques"?

 - L'architecte est Japonais ! Chinois, Indien, Birman... l'oeuvre eût été différente.

 

DSCF7918-copie-L-entree.jpg

 

 L'entrée est exiguë. Rien à voir avec les musées classiques qui en imposent d'emblée.

 On y entre comme dans une maison. On se retient presque d'enlever ses chaussures!

Un petit érable du Japon (justement), un buisson de bambous serrés dans une jardinière, pas une feuille ne dépasse, une poignée de minuscules conifères.

 

DSCF7923-copie-Galerie-des-Gla.jpg

 

La réception est réduite. On pénètre tout de suite dans une sorte de galerie des glaces moderne. D'immenses baies vitrées réfléchissent des myriades de rais de lumière qui se font miroirs et diffusent une délicate clarté verte. La déclinaison des gris, gris satiné des miroirs, gris mordoré des marbres, gris étincelant des rampes d'acier inoxydable, crée sans attendre une atmosphère de quiétude.

Il n'est pas rare de rencontrer une personne qui lit, écrit, réfléchit ou peut-être médite.

 Vous apercevez quelques statues d'animaux. Nous allons nous en approcher.

 

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Le petit cheval que voilà, presqu'un jouet, apporte une contradiction joyeuse aux tonalités ambiantes, avec sa robe de terre cuite ocre et sa texture doucement crayeuse. C'est un cheval Haniwa qui date du IVe siècle.

Les Haniwa sont à l'origine, au IIIe siècle, des vases funéraires. Peu à peu, ils deviennent des figurines déposées dans les tombes de dignitaires, souvent chefs militaires, en tous cas membres de l'aristocratie.

Très fragiles, non vernissées, elles sont faites de cylindres d'argile  - Haniwa veut dire précisément "cylindre de terre" -et représentent des armes, boucliers, bateaux de guerre, belles demeures.

Elles évoluent vers les animaux, comme le cheval ci-dessus, harnaché parfois luxueusement, et vers les êtres humains : têtes d'homme ou de femme, guerriers, samouraïs.

Les Haniwa ont d'abord été des objets ayant appartenu au défunt - signe commun à de nombreuses cultures à l'époque - avant de devenir les défunts eux-mêmes. La tradition s'éteint au VIe siècle.


Un peu plus loin, un buffle-sarcophage indonésien, très ouvragé, date du XIXe siècle.

DSCF7933-copie-Le-buffle.jpg

 

Avant de gravir le bel escalier, les visiteurs sont invités à explorer les salles carrées , situées aux quatre coins de l'ensemble. Elles évoquent certains aspect des civilisations asiatiques / le monde matériel et le monde spirituel. Ces mondes qui se renvoient l'un à l'autre, avec leurs dieux et leurs déesses "mi-homme, mi-animal" que l'on invoque toujours en Inde, par exemple.

 

 

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La déesse DURGA DEVI, déesse-mère, au Bengale, vénérée depuis le Ve siècle. A elle seule, elle incarne tous les Dieux et toutes les Déesses. Son rôle est de vaincre le Roi des Démons, MAHISA, d'où ses nombreux bras, jusqu'à dix-huit, pour brandir des armes : épée, sabre, lance, arc et flèches comme ci-dessus. Somptueusement vêtue, elle chevauche le plus souvent lion ou tigre, avec un égal sourire; sans doute est-elle sure de sa victoire !


DSCF7944.JPG

 

Ci-dessus, GANESH, le Dieu à tête d'éléphant. Protecteur du foyer, il est le plus familier des nombreux dieux hindouistes. Capable de lever les obstacles, il est vénéré dans l'Inde entière. d'autant que, aspect ambigu de sa divinité, il est capable du pire s'il se sent mal honoré... Mieux vaut ne pas se montrer avare d'offrandes, d'où son omniprésence dans la vie des gens, à la maison, au temple bien sûr, dans la rue, au jardin public !

 

Il est temps de monter au Ciel en empruntant ce magnifique escalier, subtile transition entre la Terre et le Ciel. La spirale n'est-elle pas le produit d'un cercle coupé et étiré de bas en haut, offrant ce magnifique délié ?

 

DSCF7937-copie-L-escalier.jpg

 

 

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A l'étage, la promenade est circulaire. La révolution que l'on accomplit évoque le bouddhisme à travers diverses représentations du Bouddha. Des statues,mais aussi des tableaux où les rouges qu'affectionnent particulièrement les Indiens, dominent.

 

DSCF7945-copie-Le-pont.jpg

A l'opposé de l'entrée, une porte de verre, encadrée de tentures assez légères pour laisser l'oeil entrevoir le monde extérieur, invite à d'autres découvertes.

Elle conduit notamment à un bâtiment réservé aux activités du musée : expositions, mais aussi, certains jours, la fameuse "cérémonie du thé", auquel le public peut participer.

Pour y accéder, un petit pont, bien sûr.

On devine que la sortie ne nous épargnera pas, tant le soleil de cette fin de mai est déjà implacable tout comme la chaleur.

 

 

 

Fin de la 1e partie.


 

 

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commentaires

Christine Bedenne 29/08/2012 19:13


Bonsoir


Voila un joli voyage pas besoins de prendre l'avion.


A bientôt


Christine

morvane 30/08/2012 16:12



Bonjour à toi, Christine ! Je suis heureuse que cet article t'ait plu. Cela m'encourage à le continuer, car il n'est pas terminé. Je l'ai mis en ligne quoique incomplet parce que, du fait des
vacances, j'étais restée très silencieuse. Je voudrais aussi parler de Rétif de la Bretonne, écrivain du XVIIIe, mais il me faut travailler car je ne veux pas me contenter d'un article seulement
descriptif. J'aime montrer ce qui est beau, j'aime faire rêver, mais j'aime aussi analyser, chercher le sens des choses. Allez ! Je m'y remets !



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