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13 novembre 2013 3 13 /11 /novembre /2013 22:16

 

  Les conditions de toutes les guerres sont inhumaines, mais presqu’un siècle après, la guerre de 14/18 continue de nous interpeller – le mot est faible – de nous abasourdir, de nous horrifier, au point que d’y penser les bras nous en tombent encore et que nous nous sentons envahis d’une tristesse/révolte irrépressibles, car on ne peut revenir en arrière pour corriger le passé. Pas une famille française qui n’ait un ou plusieurs lointains grands-pères, grands-oncles, blessés, fauchés, éclatés, éventrés, ou tout simplement DIS-PA-RUS ! Quand j’étais petite, je me souviens avoir vu, étonnée, des hommes qui marchaient, à l’aide de béquilles en bois, sur une seule jambe. L’autre avait disparu dans la deuxième jambe du pantalon, soigneusement pliée et tenue par une épingle à nourrice – pourquoi ne pas l’avoir coupée ? Comme si la jambe était momentanément absente. Pour d’autres, c’était la manche que l’on avait coincée dans la poche pour qu’elle ne batte pas au vent.  

 14-18 Ordre de Mobilisation individuel A.Ripart. 1908

 

Ils étaient paysans pour la plupart, ouvriers, artisans, cols blancs, artistes ou écrivains, infirmiers, médecins, enseignants, enfin, toute la population française. Sans compter ceux qui étaient accourus de l’Empire colonial, Marocains, Sénégalais… Sans compter les Alliés, embarqués dans la même galère, du fait d’alliances : les Anglais, les Belges, les Serbes, les Russes, puis les Italiens, les Canadiens et les Américains, quand le front russe s’était arrêté net, du fait de la révolution bolchevick de Lénine. La propagande aidant, ils étaient persuadés d’un côté comme de l’autre, que la guerre ne durerait pas et qu’ils, les Français, auraient tôt fait de raccompagner les « Boches » à la frontière, après avoir repris l’Alsace et la Lorraine.     

Côté allemand, ils avaient mieux préparé la guerre, mais à cause de cela, ils croyaient qu’elle ne durerait pas plus longtemps que celle de 1870… Eux aussi, les paysans prussiens, les ouvriers de Sarre, les étudiants bavarois, etc. ont été broyés. Pour rien, puisqu’au final, ils n’ont pas eu ce qu’ils étaient venus conquérir. Eux, personnellement, n’avaient rien à conquérir. C’est l’industrie allemande qui avait d’urgents besoins de matières premières, de main d’œuvre, de colonies. De plus, les dix départements du nord-est de la France étaient parmi les plus productifs…

 Et pourtant, ils semblaient bien mal partis les Français ! A part leur courage et un fort sentiment de patriotisme, les forces étaient inégales.  

 14-18 Uniforme bleu horizon des soldats français

Les Allemands s’étaient dotés d’une armée moderne, ils portaient des uniformes de couleur kaki, des casques de fer, alors que les Français portent les tristement célèbres uniformes : vareuses bleues, accompagnées de pantalons rouges qui en font des cibles exceptionnelles. Rapidement, leur sera  substituée la tenue « bleu horizon », plus claires, quoique la boue et la crasse finiront par les dissimuler mieux encore, dans les paysages terreux. Quant aux képis, ils ne leur étaient d’aucun secours contre les éclats de bombes et les balles, dans la guerre de tranchées, où il est dangereux de risquer un œil au-dessus du parapet pour surveiller les activités des ennemis, en face. Il suffit d’un franc-tireur à l’affut…. Aussi, le casque d’acier, malgré l’opposition des officiers traditionnalistes, finit par s’imposer.

 

 14-18 Uniformes allemands avec casques - Copie

   14-18 Uniformes français avec casques

    

Les tranchées n’offrent ni le même confort pour les soldats, ni la même efficacité. Un soldat dit : « Ce qui nous stupéfia, à notre attaque du 6 avril, ce fut la commodité et la solidité des abris allemands. Quelle différence avec les nôtres ! » La photographie le montre. Mais il ne faut pas oublier que les aléas de la guerre obligeront aussi les Allemands à creuser, dans l’urgence, des boyaux boueux, comme les autres.

 14-18 Tranchée allemande

  

Mais surtout, le problème se situe au niveau du matériel de guerre et de la stratégie militaire. Le haut commandement français répugne à la guerre de tranchées, d’une certaine manière honteuse pour la cavalerie, qui a connu les charges héroïques, sabre au poing ! Donc il distribuera les moyens parcimonieusement et surtout il ne mesurera pas la puissance militaire allemande. Pourtant, dans la région de Verdun dont le front est inviolé, des déserteurs allemands chaque jour, précisent des préparatifs de grande envergure. Malgré des échanges d’artillerie importants, au début janvier 1916, le haut commandement refuse toujours de croire à une attaque sur Verdun.

 « Il a fallu attendre jusqu’au 9 février pour que nous consentions à admettre une grande offensive sur Verdun. Or, le 9 février, tous les préparatifs de notre adversaire sont achevés, la plus formidable machine de guerre que jamais le monde ait connue, écrit le Lieutenant Jacques Péricard, est à pied d’œuvre. Jamais le génie d’organisation des Allemands ne remporta pareille victoire, jamais pareille défaite ne fut infligée à notre légèreté et notre insouciance. » 

 

Les Allemands rêvaient de prendre la plus puissante forteresse de France. Le Kronprinz, lui-même confiait dans ses souvenirs :

« La condition première du succès était la surprise. Nous devions terminer nos préparatifs à l’abri des brouillards de ces plateaux marécageux et de ces larges fonds de vallées. (…) Munir nos premières lignes de tranchées, d’abris, de communications, de places d’armes pour environ 6000 hommes. (…) Ces travaux devaient être faits avec toutes les précautions nécessaires pour échapper complètement à l’observation terrestre et aérienne. On obtint ce résultat que l’ennemi n’eut véritablement aucun soupçon et que c’est trop tard, à ses dépens, qu’il s’aperçut de nos préparatifs d’attaque. Le Corps d’Armée en secteur réussit à laisser croire aussi longtemps que possible aux habitants et aux troupes que les travaux entrepris avaient pour but de se couvrir contre les dangers d’une attaque ennemie…(…) A la date du 8 février, la mise en place du matériel d’artillerie était terminée dans ses parties essentielles ; elle comprenait en gros 160 batteries de gros et de très gros calibre et avait nécessité le transport de 2 millions et demi de projectiles en 1300 trains de munitions. Grace à un travail de taupe qui avait duré des semaines, pendant les nuits froides et pluvieuses, cette accumulation considérable des moyens d’attaque les plus puissants, était restée complètement cachée à l’ennemi. »

 Quand enfin, l’armée française comprit l’imminence de l’attaque, les troupes de première ligne se dépêchèrent de construisent à la hâte et dans la boue, des renforcements et des abris. Mais il était trop tard et inutile la fatigue des soldats. Le général Herr donna des directives formelles au sujet de la défense : « Résister coûte que coûte ; se faire hacher sur place, plutôt que de reculer. »  

 14-18 Villes détruites en M&M et Verdun - Copie

J’ai choisi de me souvenir du vécu de ces soldats dont le courage m’ impressionnera toujours, qui ne pouvaient enjamber de cadavre, pendant l’assaut, sans avoir le cœur serré en pensant aux pauvres morts ici et là, aux pauvres restes humains éparpillés par les obus, dont ils avaient bien des risques de prendre la place.    

Car, c’est ce qui frappe justement, la lectrice que je suis, dans ces témoignages de douleurs et d’acceptation du pire sacrifice, celui de sa propre vie. Ce qui frappe aussi, c’est l’abolition de la raison : ceux qui comprennent qu’ils vont inutilement à la mort, «doivent » mourir, sous peine d’être traduits devant les tribunaux militaires et fusillés comme on le verra.    

 Pour 18 mètres d’avancée dans un boyau, en un jour, 9 morts et 81 blessés !  

14-18 Premières lignes dans la région des Eparges. 1915  Que pense le soldat à gauche ?

 « Les conditions de l’attaque étaient telles qu’on estima sans doute en haut lieu que seuls des hommes ivres accepteraient de franchir le parapet, et, à défaut des grenades qui manquaient toujours, on nous envoya pour chaque homme trois quarts de litre d’eau-de-vie.  Je ne voulus pas laisser l’humiliation à un autre et c’est moi-même qui passai devant mes hommes alignés sur un rang et donnai à chacun sa part. J’en avais les dents serrées et les yeux pleins de larmes. Mais bientôt, quel soulagement, quelle joie, quel orgueil quand, la distribution à peine terminée, tous mes gars, d’un même geste, renversèrent leurs bidons jusqu’à la dernière goutte, signifiant ainsi qu’ils entendaient aller à la mort en hommes libres.    

Et ils y allèrent les braves petits ! Ah ! De quel cœur ! D’abord, cet assaut en terrain découvert, sans préparation d’artillerie, en plein jour. (…) Puis, ce caporal qui, blessé gravement à l’épaule, continue à parler, à commander. (…) Puis ce duel dans la nuit, sous l’averse, les Allemands à coup de grenades, les Français à coups de cailloux. » (Caporal Cossonac 54e RI, cité par Jacques Péricard in Verdun 1914-1918).

 

 14-18 Des Français chargent à la baïonnette

Soldats français.  

Le caporal continue son récit en se plaignant de l’incompréhension « de nos grands chefs » qui continuent de rêver de chevauchées et charges aux drapeaux – de type napoléonien, en somme, en niant la guerre de tranchées, ce qui entraîne des attaques insuffisamment pensées, « au petit bonheur ». D’autant que beaucoup de généraux ne semblent pas économiser la vie des soldats. D’où le sentiment d’abandon des soldats qui manquent de matériel, de renforts, de canons. D’où, par voie de conséquence, presque toutes les hécatombes des débuts de la guerre. Le général Nivelle, responsable des massacres du Chemin des Dames, 120 000 morts en Champagne, s’était écrié : « Qu’est-ce que j’ai consommé comme Bretons, aujourd’hui ! ». Il fut écarté du commandement, mais cela ne l’empêcha pas d’être promus plus tard, maréchal de France !  

La bataille de Verdun fut acharnée. Les Français résistèrent malgré les pertes énormes en hommes et en matériel. A un contre trois, contre neuf !

   14-18 Des Canadiens montent à l'assaut sous le feu de l'e   Soldats anglais montant à l'assaut

  « Les grosses marmites tombent avec un fracas épouvantable, dans des nuages de fumées opaques, creusant d’énormes cratères, multipliant les victimes. C’est une avalanche de terre calcinée, de fonte et d’éclats, de débris d’arbres, parfois, hélas ! de lambeaux humains, jambes et bras projetés en l’air restant accrochés dans les branches, spectacle d’une horreur indescriptible. », témoigne l’aumônier Schuhler.  

 Non contents des canons, mitrailleuses, fusils, grenades et baïonnettes, une autre arme devait faire des ravages : les gaz. Les Allemands les expérimentent le 22 avril 1915, à Ypres, malgré les accords internationaux. Ce fut une attaque de grande envergure. Ils attendirent que le vent souffle dans le sens des lignes françaises, aveuglant les soldats, brûlant les poumons. Ils n’avaient plus qu’à attendre pour investir le terrain sans défenses.  

 

« A 5 heures du soir, on n’y voyait déjà plus, écrit l’adjudant Sougeux. (…) Tout à coup, un homme du poste d’écoute de gauche se précipite sur nous, essoufflé : mon adjudant, les gaz ! , en même temps, la nappe arrivait, épaisse, jaunâtre, suffocante, pouvant avoir 3 mètres de haut.  

- Ca y est, dit Bonn, en se précipitant sur sa section.

- Mettez vos masques ! Aux créneaux !  

Tous, plus ou moins, avions respiré les gaz. Nous étions tous abasourdis, ahuris, souffrant de la tête, de la gorge, de la poitrine. Ce n’étaient que toux, étouffements, vomissements. Les moins malades s’efforçaient de soigner les autres, mais 5 déjà étaient morts.» En fait, ce fut une véritable hécatombe.

 

 14-18 L'Autographe du Poilu (recto)

  14-18 L'Autographe du Poilu (verso)

 

« Dès que le 2e bataillon eut relevé le 3e, il se mit à la recherche des morts. On en retrouva dans les abris, dans le boyaux, dans la plaine : des malheureux partis seuls et s’apercevant que plus ils descendaient, plus ils s’intoxiquaient, avaient voulu sortir du poison, grimper sur le parapet ; on les retrouva cramponnés au talus, crispés des quatre membres sur la terre gelée ; on en retrouva noyés dans le ruisseau de Forges, enlisés dans le marécage près de la passerelle, cramponnés aux barbelés, les mains arrachées, et, tous, les yeux exorbités, la face horriblement torturée, le sang sorti par le nez, la bouche, les oreilles.», écrit le soldat Demigneux. Les boutons métalliques des capotes furent attaqués par le chlore, alors les hommes…    

Autre fléau : les rats, appelés les « Gérards ». Il faut dire qu’avec ces innombrables morts que l’on ne pouvait pas toujours aller chercher pour leur donner une sépulture, ces pauvres morts qui parfois n’avaient plus de tête, éventrés, démembrés, déchiquetés, qui gisaient depuis plusieurs jours, semaines et mois, enfouis, entassés dans les tranchées, noyés dans les marécages, les rats pullulaient. « Les rats, en quantité incalculables sont les maîtres de la position. C’est par centaines qu’ils pullulent dans chaque débris de maison, abris de bombardement et routes du village. Impossible de faire un pas dans ce village sans entendre leurs cris et sans en voir entrer et sortir de toutes parts. Je passe là des nuits terribles ; recouvert totalement par mes couvre-pieds et ma capote, je sens pourtant ces bêtes immondes qui me labourent le corps. Ils sont parfois 15 à 20 sur chacun de nous et, après avoir tout mangé, pain, beurre, chocolat, ils s’en prennent à nos vêtements. Impossible de dormir dans de telles conditions ; cent fois, chaque nuit, je me débats sous les couvertures et la frayeur que je leur cause par le jet brusque de la lumière d’une lampe électrique, n’est que de courte durée ; instantanément, ils reviennent plus nombreux. » Jacques Vandebeuque.

 14-18 Les rats. Humour amer

Les soldats savaient manier la dérision!

Et la boue ? L’un dit à la fin d’un combat de nuit : « Allongé dans ma tranchée, sur ma tête et mon corps, un couvre-pied plein de terre glaise pour m’abriter du froid. Je dors et je ne donnerais pas ma place pour un empire. Mes pieds sont enfoncés dans la glaise au point que, si je veux les sortir, il me faut les prendre l’un après l’autre, avec les deux mains. »

 

« Nous atteignons enfin une tranchée à demi creusée, cloaque de boue, qui s’élève sur la droite, du côté de Fleury. On s’y accroupit au hasard. Près de moi, le caporal Danthony. Quelques hommes d’un régiment qui est là depuis plusieurs jours nous injurient parce que nous ne nous terrons pas assez. Ce sont des blocs de boue, à la figure d’un jaune cadavérique, aux traits tirés avec de grands yeux hagards. », écrit G. Valois, sergent.

 14-18 Tranchée mortelle aux Eparges

 Autre témoignage :

« Dans la nuit du 22 au 23 avril, le 1er bataillon du 30e R.I. monte à l’attaque du ravin de la Dame. Il a plu, la boue a envahi tout le secteur. Cherchant un abri, un homme s’est jeté dans le boyau, et la boue est aussitôt montée jusqu’à sa ceinture. Il demande de l’aide ; deux hommes lui ont tendu leurs fusils ; deux fois ils ont glissé et vite ils ont repris place dans la colonne qui passe tout près, sourde aux supplications de l’enlisé qui s’enfonce lentement sans secours. »  

Aller au combat, priorité absolue. La vie humaine ne compte pas. Les blessés appellent au secours, en vain. De toute façon, le bruit est si assourdissant qu’on ne les entend plus. Parfois ils commencent d’agoniser quand un obus les projette en l’air ou bien les enterre sous des tonnes de boue. Parmi les chiffres avancés, notamment par Suzanne Everett, dans son livre : « La Première Guerre Mondiale », publié par France Loisir, en 1983, sur 500 000 morts de Verdun, Français et Allemands, on estime à environ 150 000 ceux qui ne reçurent pas de sépulture.  

« Dans une petite sape, un superbe jeune homme brun est là, raide, contre le parapet ; il apparait presque debout, la tête fine et sympathique est intacte, les yeux sont grands ouverts et semblent me regarder, me fixer ; l’impression est d’une tristesse infinie, elle semble implorer… Pauvre garçon, vers quels êtres chers a été sa dernière pensée ?- écrit le capitaine Albert Garnier, qui ajoute – Des mains, des jambes, des têtes et des cuisses coupées émergent de la boue et on est contraint de patauger là-dedans, car c’est encore dans ce méchant fossé à moitié comblé par endroit, qu’on peut espérer se dissimuler un peu. »

 14-18 Conseil de guerre; Convocation

Convocation d'un officier pour participer à un Conseil de guerre   

Dans ce climat de désespérance, apparurent « des actes d’indiscipline collective », selon l’expression du haut commandement. Il y eut de véritables mutineries : des unités d’infanterie refusèrent de monter en ligne, des manifestations contre la guerre eurent lieu, des voies ferrées furent sabotées, des drapeaux rouges apparurent… N’oublions pas qu’en 1914, la guerre fut votée après l’assassinat du socialiste Jean Jaurès. Les socialistes de tous les pays étaient pacifistes et il est curieux de voir avec quel fatalisme ils ont tous accepté la guerre. Lénine fut sans doute le premier homme politique qui dénonça une guerre impérialiste où les peuples servaient de chair à canon. La Révolution bolchevique mit fin à la participation des Russes au conflit et par voie de conséquence, décida les Américains à entrer en guerre au côté des Alliés.

 

Aussi, je ne peux terminer cet article, sans penser à ceux qui tombèrent sous les balles des pelotons d’exécution. A l’heure actuelle, les descendants des « Fusillés pour l’exemple », demandent toujours la réhabilitation de leurs fils, pères, époux qui, soit ont obéi à la simple raison, à savoir se replier quand il était évident qu’ils allaient tous être submergés, ou même faits prisonniers, ce qui ôtait encore des forces pour continuer le combat ; soit sont devenus fous, comme ce gradé qui oubliant le danger, cherchait à peigner les touffes d’herbes, à découvert…soit par idéologie (pacifisme). Rien à voir avec les déserteurs qui, en passant à l’ennemi, trahirent leur pays.  

Le Caporal Charles Mangin rapporte un repli de soldats qui n’avaient pu être relevés. Devant ce fait, le général Lebrun prescrit « les mesures les plus violentes pour l’arrêter ». Le soir même, le général Nivelle, écrit sans sourciller, au groupement : « Il ne peut y avoir dans l’armée de Verdun que des troupes décidées au dernier sacrifice». Entre parenthèses, je me demande bien quel pouvait être l’intérêt de la France dans de tels sacrifices ? Et Charles Mangin d’évoquer l’événement tragique suivant : « Deux officiers du 347e, les lieutenants Herduin et Milan ont été fusillés, parce qu’ils s’étaient repliés avec 35 survivants de leur compagnie, pour ne pas tomber aux mains des Allemands »…Ils s'étaient cependant toujours battus courageusement. Ils ont simplement eu le malheur de vouloir économiser des vies et des forces militaires. Sans doute fallait-il éviter à tout prix la contagion révolutionnaire. 

Nivelle fut limogé au bénéfice de Pétain qui fut le vainqueur de Verdun.  

Les politiciens français qui, incapables de prendre des décisions courageuses, abandonnèrent aux militaires incompétents le sort de la France, et finirent par faire appel à un homme politique de combat, Clémenceau, alors octogénaire, qui galvanisa les Français et leur permirent de gagner la guerre.

 

14-18 L'Armistice du 11 novembre 1918. Joie des soldats  Armistice du 11 novembre 1918 : des soldats anglais, si je ne m’abuse, laissant éclater leur joie.  

 

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Au terme de cette recherche, je m’excuse pour les nombreux et indispensables raccourcis. Je rappelle que mon propos n’est pas de remplacer les historiens, mais de rendre un hommage personnel aux poilus de 14, dont mon grand-oncle Louis GRAHOUEILLE, disparu à l’âge de vingt ans, mon grand-père Henri CASTILLON qui eut la chance d’en revenir, l’arrière-grand-père de mon mari, le Lieutenant Albert RIPART, qui fut gazé en commandant ses hommes, put retrouver sa ville, mais malade, ne put y vivre longtemps, entouré des siens.  

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Sources :  

Verdun, 1914-1918, de Jacques PERICARD, publié à La Librairie de France.  

La Première Guerre Mondiale, de Susanne EVERETT, publié chez France Loisirs en 1983.  

Le site : //http//www.lesfrancaisaverdun-1916.fr/  

L’Encyclopédie Wikipedia  

Quelques manuels scolaires anciens.  

Bibliographie littéraire :  

« Ceux de 14 » de Maurice Genevoix. (Livre de Poche)  

« A l’Ouest rien de nouveau », roman d’Erich Maria Remarque (Allemagne) Livre de Poche  

« Johnny s’en va-t-en guerre », roman de Dalton Trumbo (Etats-Unis)

 

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 14-18 Après l'Armistice. Le Lion de Belfort

 

Cette guerre devait être la dernière, « la Der des Der ». Pourtant, en 1939, les armées hitlériennes envahissaient de nouveau la France…

 

Les hommes sont-ils incapables de tirer les leçons du passé ? Qu’est-ce qui fait que les peuples soient à ce point naïfs, qu’ils en oublient la plus élémentaire lucidité et ne cessent de mettre en péril leur propre vie ?   leur pays? Leur civilisation?

 

Pourtant, ce n’est pas d’aujourd’hui…

 

Déjà, Voltaire, employant l’arme de l’ironie, nous avait prévenus :

 

« Rien n’était si beau, si leste, si brillant, si bien ordonné que les deux armées. Les trompettes, les fifres, les haut-bois, les tambours, les canons formaient une harmonie telle qu’il n’y en eut jamais en enfer. Les canons renversèrent d’abord à peu près six mille hommes de chaque côté ; ensuite la mousqueterie ôta du meilleur des mondes environ neuf à dix mille coquins qui en infectaient la surface. La bayonnette fut aussi la raison suffisante de la mort de quelques milliers d’hommes. Le tout pouvait bien se monter à une trentaine de mille âmes. Candide qui tremblait comme un philosophe, se cacha du mieux qu’il put pendant cette boucherie héroïque.

 

Enfin tandis que les deux rois faisaient chanter des Te Deum, chacun dans son camp, il prit le parti d’aller raisonner ailleurs des effets et des causes. Il passa par-dessus des tas de morts et de mourants, et gagna d’abord un village voisin ; il était en cendres : c’était un village abare que les Bulgares avaient brûlé selon les lois du droit public. Ici des vieillards criblés de coups regardaient mourir leurs femmes égorgées, qui tenaient leurs enfants à leurs mamelles sanglantes ; là des filles éventrées après avoir assouvi les besoins naturels de quelques héros, rendaient les derniers soupirs ; d’autres à demi-brûlées criaient qu’on achevât de leur donner la mort. Des cervelles étaient répandues sur la terre à côté de bras et de jambes coupées. »

 

Candide ou l’optimisme, chapitre troisième.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by morvane - dans Histoire
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commentaires

GANTILLON 05/03/2014 10:16

Bonjour,
Scénariste et réalisateur je voudrais vous faire part d'une question concernant un projet de film sur la guerre de 14 en territoire occupé en France.
Pouvez-vous me communiquer votre adresse mail ?
Merci.
Très cordialement.
Bruno Gantillon

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