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21 janvier 2015 3 21 /01 /janvier /2015 01:44
Pérouges, un des plus beaux villages de France.

Pérouges, un des plus beaux villages de France.

La Porte d'en Haut date du XIIe siècle. Entrée de l'ancien château fort.
La Porte d'en Haut date du XIIe siècle. Entrée de l'ancien château fort.

Cité très ancienne, dans le département de l'Ain, à une trentaine de km au nord-est de Lyon, puisque les archéologues ont trouvé des traces datant de 2500 ans avant J.C., la cité s'est appelée Perogiae, puis Péroges avant d'adopter au XVIIe siècle le nom qu'on lui connait aujourd'hui.

De son passé, on connait peu de choses, si ce n'est qu'un seigneur aurait résisté vaillamment aux troupes de l'archevêque de Lyon, au XIIe siècle.

Un siècle plus tard, le territoire entre dans le comté de Savoie, mais c'est surtout au XIV ème siècle que nait le bourg proprement dit.

Au XVe siècle, Pérouges gagne un prestige dont les habitants sont fiers, après avoir résisté au siège mené par les Dauphinois, au nom du roi de France.

A Pérouges, un dragon d'or garde pour nous le temps.

A voir la situation élevée, la puissance des remparts qui encerclent la cité, l'église fortifiée appuyée sur l'une des deux portes d'entrée - ici la Porte d'en Haut -, il est facile d'imaginer le sentiment de sécurité que les habitants devaient éprouver.

Bâtie au XVe siècle, l'église affiche d'abord sa vocation religieuse bien sûr, mais assurément défensive. Non seulement la maison de Dieu devait être à l'abri de tout saccage, incendie, destruction, mais les habitants devaient pouvoir s'y réfugier en cas d'extrême besoin.

Cependant, sa simplicité intérieure s'orne d'une clef de voute particulièrement élégante, qu'elle porte comme un bijou.

A Pérouges, un dragon d'or garde pour nous le temps.
A Pérouges, un dragon d'or garde pour nous le temps.

Pour ceux qui seraient tentés de trop s'absorber dans la contemplation impie de l'ornement architectural, la menace du danger est plus discrètement présente, en même temps que la protection appuyée d'un Saint-Georges déterminé, auquel on a adjoint d'efficaces meurtrières, appelées archères, aujourd'hui inutiles et sécurisées.

Saint-Georges terrassant le dragon est le patron de la ville. Par ailleurs, Pérouges reçut le dragon dans son blason, en reconnaissance du courage des habitants pendant les croisades.

Rue des Princes.
Rue des Princes.

Une fois passée la porte qui aujourd'hui n'impressionne plus personne, le temps semble ici s'être arrêté, du moins dans notre imagination. Car il y manque les vrais habitants en costumes, les moyens de transport d'époque, l'animation d'autrefois, les odeurs pas forcément agréables - les petites rigoles charmantes qui circulent ici et là n’avaient rien à voir avec nos modernes traitements des déchets. Il manque les cris, les rires et cette langue si différente de la nôtre ! Qu'importe! La fascination des temps révolus, le besoin inextinguible de nous situer comme issus des Anciens, de rechercher en nous ce qui leur a appartenu, ce qu'ils nous ont légué comme réflexes, instincts, inconscient, valeurs...leurs joies et leurs peurs... tout cela plonge chacun de nous dans une rêverie qui ne nous lâche pas de sitôt.

A Pérouges, un dragon d'or garde pour nous le temps.

Du XVe au XVIIIe, la cité et son territoire ont abrité environ 1500 habitants. L'activité économique fut intense grâce au tissage du chanvre, au travail de nombreux artisans et, ne l'oublions pas, grâce à sa situation géographique entre Lyon et Genève, favorable au commerce.

En 1601, la Bresse savoyarde, dont faisait partie Pérouges, devient française sous le règne d'Henri IV.

La cité a gardé une particularité : quelques échoppes dont les volets ont été conservés/restaurés. On peut donc aisément se représenter les boutiques d'alors et comprendre l'origine de l'expression "trier sur le volet".

"Je ne marquerai que l'heure des beaux jours", affirme l'élégant cadran solaire.
"Je ne marquerai que l'heure des beaux jours", affirme l'élégant cadran solaire.

Malheureusement, la Révolution industrielle du XIXe siècle a mit fin à l'économie locale basée sur l'artisanat, entrainant le déclin de la cité. Les habitants l'ont peu à peu désertée pour gagner leur vie dans les lieux plus propices à l'essor des industries.

La lente agonie de Pérouges a duré pendant plus d'un siècle, jusqu'à ce que des Lyonnais au nombre desquels figurait Edouard Herriot, maire de Lyon, comprennent le trésor de ce patrimoine et décident de le restaurer. Le Comité de défense du vieux Pérouges est créé.

C'est grâce à lui que la cité revit pour notre plus grand plaisir.

Des films y ont été réalisés, des manifestations médiévales voient le jour chaque année, des artistes exposent leurs œuvres. Si les touristes y sont nombreux, Pérouges s’enorgueillit de posséder une population assez importante de résidents permanents. (Voir le site de la commune).

Parmi les visiteurs célèbres, des acteurs de cinéma (Pierre Fresnay), des peintres (Maurice Utrillo), et même le Président des États-Unis Bill Clinton qui choisit d'y faire un discours contre le terrorisme en 1997, lors du G7 qui eut lieu à Lyon.

Belle maison à encorbellement et colombages. Le tilleul bicentenaire de la place de la Halle date de la Révolution française, d'où la nécessité de le soutenir. Il a été planté comme "arbre de la liberté". Une ruelle typique.
Belle maison à encorbellement et colombages. Le tilleul bicentenaire de la place de la Halle date de la Révolution française, d'où la nécessité de le soutenir. Il a été planté comme "arbre de la liberté". Une ruelle typique.
Belle maison à encorbellement et colombages. Le tilleul bicentenaire de la place de la Halle date de la Révolution française, d'où la nécessité de le soutenir. Il a été planté comme "arbre de la liberté". Une ruelle typique.

Belle maison à encorbellement et colombages. Le tilleul bicentenaire de la place de la Halle date de la Révolution française, d'où la nécessité de le soutenir. Il a été planté comme "arbre de la liberté". Une ruelle typique.

A Pérouges, un dragon d'or garde pour nous le temps.

Ici la maison du Sergent de justice, chargé de faire respecter l'ordre. Elle servait de prison. L'un d'eux a dû juger trois femmes accusées de sorcellerie. Elles furent brûlées sur la Grand place. Terribles mœurs. Heureusement, la Révolution française, à laquelle les habitants ont adhéré, mit fin à ces pratiques judiciaires inhumaines.

Dans une niche, un Saint-Georges mal en point surveille la place jour et nuit ! Plus loin, un joli bas-relief me fait penser à des sirènes.
Dans une niche, un Saint-Georges mal en point surveille la place jour et nuit ! Plus loin, un joli bas-relief me fait penser à des sirènes.

Dans une niche, un Saint-Georges mal en point surveille la place jour et nuit ! Plus loin, un joli bas-relief me fait penser à des sirènes.

A Pérouges, un dragon d'or garde pour nous le temps.

Je termine ma visite par le panorama que l'on peut admirer de la tour du guet.

Pour en savoir plus, n'hésitez pas à consulter les sites référencés sur Google. ils sont nombreux et tous vous apporteront de précieuses informations.

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